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lundi, janvier 14, 2008

Une Morjana dans la mer (2)


-Oiseaux blancs- Iris Raquin

le vent des alizées soufflait sur son visage et faisait virevoleter ses long cheveux noirs,les rumeurs marines emplissaient ses poumons ,imprégnaient tout son être d’un profond bien-être,d’une sensation inouie de liberté, elle ferma ses yeux ,et se concentra sur les murmures des vagues,elle avait l’impression d’écouter une symphonie magique dont elle était la seule à percer le secret,entre elle et les vagues s’établissait une douce connivence,ensemble en jouaient la partition,puis elles ouvrit lassivement ses paupières,son regard se posa sur une grosse sardine suspendue à un hameçon,ses yeux remontèrent tout au long de la canne à pêche jusqu’à une main rugueuse,velue,dont l’annulaire était ornée d’un anneau en or serti d’un faux rubis.
- Belle prise n’est ce pas.
- oui,belle sardine c’est vrai.
- l’autre jour, j’ai même eu un espadon.
- ah bon!
- le truc c’est d’être patient, et de bien observer les vâgues vous savez.
- la pêche,c’est pas trop mon bol.
- pourtant vous devriez essayer,c’est très simple,il faut juste du flair et du temps,je peux vous apprendre,et puis ici, il y a du très bon poisson,c’est pas comme l’autre coté de la ville,ici l’eau est plus chaude.
- …
- je m’appelle Said,et vous
- mouja
- mouja,c’est votre vrai nom
- …
- j’ai l’impression de vous avoir déjà vu,je crois même que je vous connais très bien
- …
- Vous travaillez dans l’agence F*...,c’est même vous qui vzêtes soccupé de mon voyage à la mecque.
- Alors vous êtes l’haj said.
- si on veut,mais j’aime pas trop les titres.
- et ça s’est bien passé.
- parfait,lhamdoullah,parfait,je vais même faire une Omra le ramadan prochain si dieu le veut bien.
- alors je m’occuperai personnellemnt de votre dossier,encore une fois.Sinon,vous faites quoi dans la vie Said.
- rien,je vis.
- …
- la vie c’est fait pour en profiter,sans trop se poser de questions.
- c’est bien,alors vous êtes pêcheur par moment,et le reste du temps vous êtes vivant.
- (éclat de rire),le reste je pêche aussi,je suis « samsar »,voici ma carte visite,terrains,appartements,villas,exploitations agricoles,voitures,associés,buisness international,buisness national,GSM,femme de ménage,adoptiont ,agence matrimoniale,recherche d’emploi…je fais tout,en bas vous trouvrez l’adresse de mon site web.
- waw,impressionnant
- je vous en donne une vingtaine même,on sait jamais,au cas ou vous en perdez une,ou si vous avez quelqu’un en difficulté,pensez à moi,pour le prix,ne vous en faites pas,je fais des facilités de payement,ce qui m’importe c’est le bonheur des gens,j’ai un cœur gros comme la mer moi,je ne demande qu’à aider…alors souvenez vous de moi,je me souviendrez de vous.
Et Said ramassa son sac et s’en alla tranquillement avec sa belle sardine,Morjana souriait en essayant d’imaginer quelle vague pourrait bien être ce Said,une vague bouffon ou une vague Joker, une mouette trois mètre plus loin fixait elle aussi curieusement les vagues des yeux.
- salamou 3alikoum ( que la paix soit sur toi), tu as du feu ma sœur ?
- pardon
- du feu pour allumer ma cigarette
- Non
- Dommage,pourtant j’ai lu dans la revue « la marocaine » de cette semaine que selon une étude très très très sérieuse, 60% des marocaines fument maintenant.
- c’est pas mon cas
- En tant qu’intellectuel j’essaie toujours d’être au courant,et de suivre les nouveautés
- c’est très bien,mais cette revue ,des fois,elle raconte n’importe quoi,je préfère le Journal télévisé de vingt heure sur la chaine nationale.
- tu es institutrice.
- non.
- mon frère a une institutrice qui te ressemble,alors tu fais quoi dans la vie.
- je travaille dans une agence de voyage.
- moi je suis acteur.
- c’est génial!
- c’est pour ça que je suis ici,j’habite en fait à Ouarzazate,tu sais,c’est le temple de l’industrie du cinéma chez nous.
- oui je suis au courant.
- un copain m’a dit que des américains vont tourner une nouvelle version d’othello ici, alors je passe le casting demain.
- waw,bonne chance…mais tu as joué dans quels films avant.
- pleins, pleins,pleins,toutes des superproductions
- bizarre,je suis une véritable cinéphile,pourtant ton visage ne me dit rien du tout.
-c’est normal,je suis figurant,j’ai toujours voulu obtenir un rôle,mais je n’y suis jamais arrivé,je fais toujours parti du décor ,il y a les palmiers,les châteaux,les guerriers et moi, ce n’est pas très luisant je sais,mais tu sais mon rêve c’est de glisser un mot un jour,de faire un geste,de participer à l’action,d’influer,de gérer,tu comprends ce que je veux dire,…mais je n’y arrive pas,mon rêve c’est que tout le monde s’arrête un instant pour que je m’exprime enfin.
-il faut juste y croire, et persevérer, un jour tu glisseras sur ta vague mon frère.
Morjana souriait en tentant d’imaginer une vague figurante.La mouette après quelques envoles rapides au dessus de l’eau,quelques coup de bec au sein des vagues,regagnait à nouveau sa place,près des protagonistes. Une silhouette se dessinait au loin,puis s’approchait de plus en plus des deux promeneurs,il s’agissait d’un jeune homme , svelte,de grande taille,habillé d’un « seroual » en toile verte et d’un leger tee-shirt marron ,ses cheveux noirs coiffés à la mode rasta.
-hola Farid,salam ma soeur.
-salam mon frère,tu as du feu Hatim.
-oui,biensur.
-c’est un de tes amis figurants.
Hatim éclate de rire
-non,du tout,du tout,Hatim le troubadour ,pour vous servir gente damoiselle.
Morjana était abasourdie,ce hatim devait être bien particulier,bien distingué, à en juger par sa manière de s’exprimer.
-Hatim est gnaoui,il joue à merveille le « sentir »,c’est le petit-fils d’un m3allam très connu qui lui a légué l’art et l’âme de cet instrument séculaire.
-Nous nous sommes rencontrés,Moi et Farid,sur les bancs de la faculté de droit,je voulais être juge,lui, y était sur ordre de ses parents,j’ai eu une maitrise en droit,lui n’a jamais dépassé le cap de la première année,c’est un artiste ce monsieur,la toge ne lui convient pas vraiment,je suis solitaire,j’adore la vie à la bohême,sa mère lui a déjà choisi 4 épouses à la suite,mais aucune n’a accepté de l’accampagner dans son errance.
-moi je travaille dans une agence de voyage.
-actuellement,je fais une petite entracte ,depuis 4 ans,je suis un gnaoui , je gratte mon « sentir » de festival en festival,je trimbale mon sac de ville en ville,la foule m’amuse, le haschich m’énivre,et elle est belle la vie , ou biiiiiiiiiiiiiiiiikheir a Sahbi!
Hatim éclate une nouvelle fois de rire
-tu es une vague acrobate,s'exclama Morjana.
Hatim semblait perdu dans le vague,comme si il essayait de percer le mystère de cette question.
-je suis une vague magicienne,je crée ma réalité,celle qui me plait,je vois ce que j’aime voir uniquement,le reste ne m’interesse pas,et toi quelle genre de vagues es-tu ?
-Je ne sais pas ,et pour être honnête,je viens à l’instant de découvrir qu’une vague résonne en moi.
Et le rire sonore,saccadé d’Hatim partit de nouveau,comme un cliqueti de pièces de monnaies.
-Alors viens avec nous sous le chapiteau, peut-être y retrouveras-tu ta vague
le petit groupe s’avança tranquillement,sous le brouhaha de l’océan. Depuis un mois,le cirque des lumières donnait des représentations dans la ville,il avait planté sa gigantesque tente sur la plage,et ses spectacles étaient très prisés,il alliait avec excellence entre le savoir-faire universel en cette matière,et la tradition locale,les numéros de charmeurs de serpents,de dompteurs de singes,de dresseurs d’aigles ,de compteurs d’histoires,succédait harmonieusement aux trapézistes,aux dompteurs de tigres,aux magiciens.
Hamid et Farid connaissaient plein de monde.Ils prirent place à la première rangée. Le spectacle débuta par les clowns,les artistes se suivaient,le public silencieux était cloué d’admiration.

Soudain Hamid souffla dans l’oreille de Morjana :voici la vague funambule.Il s’agissait de Brahim.Brahim est medecin de son état, un vrai « hakim »selon ses patients,issu d’une famille d’agriculteurs du moyen atlas,la terre a toujours été sa réelle mère nourricière,son point d’équilibre,il fit ses études en Russie dans les années soixante-dix,il apprit le russe,visita le pays de Lénine,Moscou,la place rouge,le café pouchkine,la volga,lu avec fébrilité Dostoievski,et tolstoi,se soûla à la Vodka sur des airs de Balalaika.Lui qui paraissaient à ses collègues autochtones tel un curieux animal échappé d’un zoo le premier jour de cours,devint plus russe que les russes.Il rentra après 8 ans au Maroc.Une fois sur le sol de sa terre natale qu’il chérissait tant,il fut convoqué par l’armée pour un service militaire.Dans le temps,il ne faisait pas très bon de venir de l’est,et dans l’armée,Brahim s’évertua à convaincre ses supérieurs de sa bonne fois de capitaliste ou plutôt de sa conviction anti-communiste,ce qui fut un peu difficile.Brahim se retrouva dans un camp à Smara,il apprit à manipuler les armes,il apprit la discipline,et un fait bien particulier allait lui apprendre la bravoure.Un matin à l’aube,Brahim se retrouva prisonnier du POLISARIO.Il aimait son pays,il se battit juqu’au bout.il passa 4 ans dans les camps de Lahmada,il fut maltraité,battu,humilié,il vécu l’enfer,mais il teint bon,et un jour il s’échappa de sa géole.C’est un héro que tu vois là,Morjana.Brahim fut accueuilli en guerrier émérite, en héro de la nation par ses compatriote.la vie normale reprit.Un quotidien de medecin et d’agriculteur aussi,prenant soin des hommes le matin et de ses oliviers l’après-midi.Il se maria et il eu une fille et un garçon ,cette dernière lui donna un petit fils il y a un an,le garçon quant à lui est devenu un jeune homme de 19 ans aujourd’hui, il joue dans une équipe de foot-ball en Australie.Brahim a 47 ans,depuis peu,il a découvert sa vocation de funambule,comme une révélation,un don inné.
Un jour,il monta puis marcha sur un fil.

Morjana était de plus en plus fascinée,de plus en plus charmée par ce qu’elle avait apprit cette journée,par ce qu’elle avait observé comme vagues,elle était heureuse,elle s’amusait tant,ses yeux se levèrent au ciel,et comme par enchantement, au sommet du chapiteau,sur une corde, elle vit la mouette.
Morjana fixa le mystérieux oiseau,la mouette comme si elle répondait à un divin appel, s’envola majestueusement et vint se poser délicatement sur l’épaule de la jeune fille.A cet instant précis,à cette minute précise Morjana secouée d’un intense frisson se sentit renaitre,à cette seconde précise elle était heureuse comme jamais, Morjana a enfin compris… « je suis une mouette,je suis une mouette,…..oui je suis une mouette…je ne suis pas une vague…je suis une mouette ,je ne me briserai jamais contre la falaise,je ne m’évanouirai pas, je planerai dessus,je l’apprivoiserai , je survolerai la mer,de rive en rive,et je marquerai le temps par mon envol,je serai libre...libre...libre, Albatros dans l’océan,je veillerai sur les vagues,j’apprendrai des vagues,je m’approcherai de celles qui me plaisent,je les guiderai, et je délaisserai celles qui me paraissent dangereuses,qui abimeraient mon plumage, j’observerai ces vagues,une à une,et un jour, peut-être j’en serai une…peut-être jamais.

Morjana se leva d’un bond,et pris congé de ses amis,demain,elle ira à l’agence et s’offrira pour la première fois de sa vie un voyage,pourquoi pas Venise,ou les Caraibes ,elle réflechira plus tard à comment payer les frais, elle quittera son travail,elle ne supporte plus ce bureau si étroit,si carré,ni ces dépliants si fades,elle fera autre chose,de la patisserie,du stylisme ou bien elle sera guide des montagnes avec son fiancé,un métier tellement romantique,elle offrira des fleures et du chocolat à sa belle mère,et une belle trousse de maquillage à sa sœur,elle donnera la carte visite de Said à sa voisine,il lui serait certainement d’une grande utilité pour trouver un mari, peut-être entamera-t-elle des études en droit,ou en psychologie,et si elle échoue,tant pis.Peut-être écrira-t-elle un livre sur les vagues.

FIN

samedi, janvier 12, 2008

Une Morjana dans la mer (1)



-"Vague à l'âme"- Sophie Kauffmann


Morjana marchait, marchait , marchait droit devant elle ,sans regarder ni à gauche ni à droite , juste droit devant elle.D'habitude lorsqu'elle est de mauvaise humeur comme aujourd'hui,lorsqu'elle ressent ce je ne sais quoi dans le coeur,pas de la tristesse, pas de l'ennui, ni de la colère,ce sentiment indéfinissable qui fait qu'elle n'est pas heureuse,elle n'arrête pas de tourner en rond, mais cette fois-ci,quelque chose de décisive a changé : Morjana a la jambe rebelle.

Comme la majorité des êtres humains,cette jeune demoiselle est gouvernée par sa tête,elle n'obéit qu'à sa tête,ne se fie qu'à sa tête,et ne se confie qu'à sa tête.Mais depuis quelques temps,celle-ci n'est plus d'aussi bon conseil.
Morjana est fréquemment rongée par ce mystérieux état d'âme qui rend sa tête impuissante.la tête ne cesse de s'affoler et de faire tournoyer tout le monde ;la jambe en premier.Epuisée,La jambe se révolte.Une guérilla paisible éclate dès lors,mais ne secoue que légèrement le reste du corps.Certains comme le coeur trouvent que la tête dérape souvent depuis un moment, qu'elle se fait vieille rêche et aigre,qu'elle doit céder son trône à la jeunesse.D'autre, plus loyaux vassales,se rangent à sa cause et clament que face à l'impétuosité de la jeunesse, la tête surpasse par la sagesse.L'envie de renouveau finit par l'emporter.Ce matin brumeux d'hiver ,Morjana marcha enfin tout droit.

Morjana dévale les ruelles rustiques de cette petite ville côtière du Haouz,puis l'unique grande avenue qui mène au luxueux restaurant italien où se retrouvent convivialement les dignitaires locaux de tout bord ,élus,juges,industriels... puis les sentiers de campagne où poussent ici et là les maisons champignons si caractéristiques de la région avec des chèvres autour et des enfants , puis les clairières des forêts d'eucalyptus, d'arganiers et de thuya , ses jambes bien décidées à la porter jusqu'au bout.

Elle a passé une bien rude semaine.Morjana travaille depuis 3 ans dans une agence de voyage très connue sur la place,elle vend à longueur de journée des rêves aux autres,des billets à destination de paradis sur terre,des promesses d'exotisme,d'aventure,de quiétude ,des envies de dépaysement sur des plages de sable blanc et fin,avec de l'eau bleu carmin ,dans des villes aux tours majestueuses haut dressées ,parfois penchées,des invitations à l'ouverture sur d'autres savoir-vivre , la découverte de nouvelles saveurs.Confortablement assise derrière son bureau,parée d'un magnifique tailleur blanc qui met en valeur l'éclat de sa peau basanée et dont la jupe laisse deviner le galbe parfait de ses jambes,elle use habilement de prospectus de papier glacé aux couleurs flamboyantes qu'elle vous fait feuilleter doucement au son d'une voix mielleuse et d'une logorrhée d'éloges répétitifs se déclenchant telle une machine bien huilée face à chaque client.Un joli sourire souligne en permanence ses lèvres charnues,et des yeux noirs ,des yeux vifs et malicieux,des yeux qui accrochent les vôtres clignent rapidement devant le moindre signe d'hésitation,afin de vaincre les derniers bastions de doutes,
Hors depuis deux mois,Morjana n'a rien vendu,rien de rien,pas même un petit week-end au Michlifen.Son patron est furieux alors que bon nombre de ses collègues,à l'image des vautours aux aguets, se montrent à première vue solidaires avec la future licenciée mais cachent mal leur soulagement de se débarrasser d'une si redoutabale concurrente.Son fiancé quant à lui peine à trouver un emploi,sa belle-mère la déteste parce qu'elle a la langue bien pendue,sa grande soeur parce qu'elle est plus belle,le coiffeur parce qu'elle ne paie plus ses services depuis qu'elle a drainé les trois quart de sa clientèle, et sa voisine parce qu'elle est l'ex fiancée de son fiancé,...
Morjana poursuivait son petit chemin de vie malgré tout,mais il y avait ce sentiment bizarre qui ne cessait de la tourmenter...

Elle est maintenant sur une falaise qui surplombe l'atlantique."Que c'est beau la mer".Perchée sur le rocher , elle se sent aux confins de l'univers,et regarde les vagues se fracasser au contact de la terre,les vagues si molles,fluides,si limpides, qui se jettent avidement sur le rocher dur et impassible,comme on étreint passionnément l'être aimé après une longue absence.Elle contemple les mouettes qui veillent sur elles, déployant timidement de petites ailes à la blancheur angélique, ses jambes émues se plient d'admiration et Morjana s'assied alors que les vagues entre temps continuent leur course effrénée vers le bout du monde.

Emerveillée par le mouvement pendulaire de l'eau,la jeune fille devint pensive tout à coup.une pensée germa dans son esprit:la mer est la fin de son univers,Si elle, Morjana plongeait à cet instant dans l'eau, si elle s'engouffrait dans les méandres de l'océan,elle se noierait surement,la mer n'est autre que la limite de ce qu'elle peut réaliser,l'envie de traverser la mer, de franchir cette limite est si grande,si intense mais inespérée,elle pourrait s'apparenter à son idéal,donc la mer symbolise la barrière entre le rêve inaccessible et la réalité.De la même manière, de l'autre coté, chaque vague s'écrasait avec fougue sur la roche,elle parcourait d'énormes distances pour s'échouer sur la rive,donc la falaise est bien la limite de ce que peut réaliser une vague et la frontière de son univers,la falaise peut aussi être son idéal,mais ce qui est certain c'est que atteidre la falaise est sa mission à accomplir.Chaque vague se résignait tragiquement,courageusement à affronter son sort et signait elle même sa disparition en acceptant son destin de vague,mais peut-elle finallement faire autrement ,comme chaque vague se consume nécessairement au bout d'un périple bien tracé,bien défini.Tout en continuant à observer ce fabuleux ballet marin,Morjana constata que les vagues ne se ressemblaient pas.Certaines vagues ne font que caresser avec douceur le bloc rocheux ,comme pour l'amadouer ou parfois par simple tendresse,d'autres essoufflée par leur long voyage s'y brisaient silencieusement.D'autres s'abattaient sur lui passionnément.D'autres encore avec une telle rage,un tel vacarme,comme si elles se révoltaient contre cette vérité millénaire, comme si elles voulaient le pousser plus loin,gagner encore quelques mètres de vie,alors que des vagues trop faibles s'évanouissaient loin dans l'horizon, avant d'atteindre le rêve tellement escompté.Morjana vit que les vagues,conscientes de leur destin commun de vagues, de ce qu'elles partagent comme quête solennelle ,ou voyage entre les deux balances de l'infini, évoluaient en communauté.Elle fut témoin de fusions brusques et inattendue entre vagues parallèles,elle vit des pacts se sceller tacitement comme par évidence,chacun traduisant selon son intensité ou sa pérennité une alliance passagère ,une amitié,ou un mariage.Elle assista à des divorces,à des ruptures,à des séparations inattendues.Elle vit tantôt des vagues malignes,traîtresses,des vagues sans pitié qui engloutissait les autres pour survivre,pour durer,tantôt des vagues féroces qui jaillissaient comme par miracle pour s'éclipser aussi miraculeusement l'instant d'après,les vagues mensonges,les vagues fantômes.Elle repéra les vagues monstres qui se muent en tendres, et elle remarqua que certaines vagues courtisanes caline d'abordn peuvent opérer le changement inverse.Elles vit des vagues maestro,des vagues reines qui, elles, lancent la tendance.Celles-ci sont particulièrement intéressantes à observer,une vague maestro est toujours suivie d'une salves d'autres identiques,elle s'impose...et les générations se succèdent interminablement,portant dans leur cycle montone ,l'essence même de la diversité...Morjana ne se lassait plus de scruter la mer...les vagues illustrent l'odyssée de la vie humaine...Morjana se sentait vague...Morjana cherchait sa vague...finira-t-elle par la trouver?

Morjana a le vague à l'âme.

samedi, novembre 03, 2007

Amy winehouse...renaissance funk ?

Amy Winehouse Back to Black



Un autre chanteur à l'honneur sur " Errance", j'écoute énormement de musique ces temps ci et mon agenda me permet rarement de lire plus de deux pages par jour dans les meilleurs des cas encore moins d'écrire,il s'agit cette fois-ci d'une très jolie demoiselle de 24 ans,qui frôle souvent l'enxcentricité,dont les déboires passionnels avec la drogue defrayent la chronique, Amy Winehouse m'a rappellé la première fois que je l'ai écouté la belle époque dinah washington,et sharon jones , bref une voix de black dans une peau de blanche , un timbre exceptionnel ,un peu à la Macy gray mais avec un petit quelque chose qui accroche plus,et des mélodies qui mélangent à merveille des sons funk, jazz et blues..."back to black", et "rehab" sont des chansons qui ne vous laisseront sûrement pas indifférent!





samedi, octobre 06, 2007

l' eclipse

Mathieu Chedid & Sean Lennon - L'Eclipse




Un chanteur qui charme non pas par sa voix mais par ses compsitions et son originalité, il s'agit de sean lennon,le digne héritier de john lennon,l'eclipse est une reprise en duo de "parachute",une invitation au rêve et à une espèce de romantisme ou surréalisme musical éléctronique,d'autres chansons comme "dead meat" ou " wait for me" sont aussi des perles que je vous propose de découvrir.









samedi, mars 24, 2007

medecine de l'âme...medecine du corps


Des fois en déambulant la nuit comme un fantôme,fatiguée,saturée,déprimée dans les couloirs de l'hopital,je me pose souvent la question suivante : qu'est ce qui fait que je supporte encore mon métier,qu'est ce qui fait que j'éprouve encore le même plaisir à feilleter un atlas d'anatomie ou de dermatologie,ce même plaisir que je ressentais il y a de celà six ans lorsque j'étais suspendue aux lèvres de Mr Gonzales,mon professeur d'embryologie qui nous exposait avec sa vision non moins philosophique l'origine,l'organique de la vie,la réponse est toute simple,c'est que dans la medecine , il y a beaucoup de poésie.

J'ai souvent été intriguée par le rapport étroit qui existe entre les deux,tout d'abord elles se rejoignent dans la finalité,à savoir le bien être ,le bonheur,le confort de l'homme,corps et ame ,mais cette relation s'exprime à mon avis à trois niveaux:

1)la medecine a toujours été une source d'inspiration inepuisable pour la poésie et la littérature ou le cinema, Alfred de Musset, a décrit de la plus belle des manière que l'on puisse faire c'est à dire en vers,un signe clinique en cardiologie rien qu'en observant les secousses et agitations de son frère atteint d'insuffisance aortique, ce signe porte depuis son nom, "signe de musset":

Pourquoi mon cœur bat-il si vite?
Qu'ai-je donc en moi qui s'agite
Dont je me sens épouvanté?
Ne frappe-t-on pas à ma porte?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M'éblouit-elle de clarté?
Dieu puissant!tout mon corps frissonne.
Qui vient? qui m'appelle? Personne.
Je suis seul; c'est l'heure qui sonne;
O solitude! ô pauvreté!


La nuit de Mai

2) les lettres ont à leur tour servi la medecine en enrichissant le vocabulaire et la sémiologie médicale,en humanisant le langage médical,surtout à une époque où la thechnicité lui fesait grand défaut et où un medecin qui excelle est avant tout quelqu'un qui observe,un artiste,la rendant ainsi à la fois plus ludique, agréable à assimiler ,et plus précise.
Les exemples ne manquent pas,il en existe des millions:
Le rossignol des tanneurs, typique des ouvriers dont les extrémités des doigts ulcérés par les produits chimiques, se présentait sous forme de lésions en forme d’oeil d’oiseau et produisait lors de la pression un cri de douleur expliquant son surnom,à ne pas confondre avec l’œil de perdrix, sorte de cor installé douloureusement entre deux orteils.Les références animalières sont d’ailleurs très nombreuses.Chez les sages-femmes, casser son œuf signifie faire une fausse-couche. Longtemps le col de l’utérus s’appela museau de tanche ,L’ éléphantiasis, très souvent localisé aux membres inférieurs, est une insuffisance veineuse provoquant leur démesure. La maladie du cri du chat diagnostiquée à la naissance par le cri du nourrisson est une anomalie du chromosome 5. La patte d’oie, point de jonction de trois muscles en haut de la cuisse est le siège de fréquentes tendinites. Plus connue, la queue de cheval est la fin du rachis. La toux en chant du coq signe la... coqueluche ! Dans le typhus, la langue est de perroquet et dans l’arthrose les vertèbres en bec de perroquet. La grenouillette, est une tumeur liquide sous la langue obstruant les voies salivaires et provoquant une déformation caractéristique de la voix.
Plus culturelles, les références à la littérature, aux traditions et à l’Histoire ont donné parfois de véritables syndromes. Le bovarisme signe le cas des jeunes femmes insatisfaites, qu’un mélange de vanité, d’imagination et d’ambition porte à des dispositions au dessus de leurs conditions, principalement dans le domaine sentimental. Plus souvent masculin, le syndrome de Peter Pan explique l’incapacité de certaines personnes à entrer dans l’âge adulte. L’éonisme est employé pour nommer les travestis. Le léprechaunisme, maladie héréditaire rare, transforme le visage à l’images des léprechaums, lutins du folklore irlandais. La prière mohammadienne signe une péricadite dont seule la position genoux au sol, face contre terre peut soulager. Chez les neurologues, le tic de salaam décrit une inclination rapide du tronc particulière à certaines épilepsies. Le syndrome d’Arlequin est un trouble circulatoire bénin du nourrisson dont on imagine aisément l’aspect. Le syndrome de Laetitia est un accouchement inopiné se produisant dans un lieu public, comme ce fut le cas pour la naissance de Napoléon. Le syndrome d’Alice au pays des merveilles s’observe dans certaines pathologies mentales où le sujet se perçoit comme un être minuscule ou gigantesque. Les obèses dont le ventre comprime le diaphragme produisant ainsi des troubles respiratoires amenuisant la qualité de leur sommeil nocturne et induisant une somnolence diurne développent le syndrome de Pickwick, du nom du personnage de Dickens. Toujours dans le registre des contes et légendes le fameux syndrome de Münchausen, en référence à l’officier allemand du XVIIIe siècle devenu personnage fantastique, est la pathomimie ou simulation de maladies conduisant l’intéressé sur les tables d’opération dont il revient porteur de valeureuses cicatrices. Moins drôle le syndrome de Münchausen par procuration met en jeu la vie d’enfants pour que leurs parents, le plus souvent les mères, apparaissent aux yeux des autres comme totalement dévoués au bien-être de leur progéniture.Dans un autre genre, le mithridatisme, en référence au roi Mithridate, consiste à s’immuniser contre un poison en l’absorbant régulièrement à petite dose. Le syndrome d’Ondine, nymphe se vengeant radicalement de son mari en lui supprimant son mécanisme respiratoire pendant qu’il dort, est heureusement beaucoup moins fréquent. Et, cerise sur le gâteau, la syphilis, tire son non de l’œuvre de Fracastoro Girolamo, médecin et poète véronais du XVIe siècle, où elle est admirablement décrite chez le berger Syphilus, frappé de ce mal incurable par Apollon !
la fantaisie va plus loin encore: La méningite a pour symptôme caractéristique les vomissements en fusée. Une malformation de le la valvule mitrale s’appelle la valvule en parachute.Le souffle amphorique s’entend au stéthoscope à l’auscultation des poumons, de même que les râles bulbeux semblables au glougloutement produit lorsqu’on souffle dans un verre d’eau avec une paille.La candidose buccale est plus connue sous le nom de muguet. La maladie des os de verre provoque de multiples fractures par décalcification. La paralysie des amoureux, heureusement momentanée, provient de la compression du nerf radial par la tête du partenaire.les tumeurs sont dites des patates ou des pêches.La selle turcique,siège de la glande l’hypophyse, renvoie à la selle des guerriers turcs.Le front olympien, anormalement étiré vers le haut, fait référence à la hauteur de l’Olympe mythologique.la tabatière anatomique est le petit creux situé au bord du poignet dans le prolongement du pouce,autrefois très utile aux priseurs de tabac.La scarlatine générait des éruptions en carte de géographie! Certaines lésions cérébrales très graves provoquent une contraction du corps en opisthotonos, avec les mains en position d’accélération sur une poignée de gaz, ce qui s’appelle alors faire de la mobylette.la goutte militaire est la blennorragie chronique appelée aussi plus joliment coup de pied de Vénus. Les bruits sont aussi particulièrement évocateurs : bruit de galop pour les insuffisances cardiaques, bruit de pistolet pour les insuffisances aortiques. Ressentie dans la pneumonie la douleur en coup de poignard ne laisse aucun doute sur son origine ,La douleur du membre fantôme ne lâche jamais les amputés.

3)et enfin,quand le medecin est bon poète, et quand un poète raisonne en medecin, c'est à dire avec une logique de medecin,avec de la distance critique de l'évènement jusqu'à frôler la froideur,le résultat,est des chefs d'oeuvres littéraires et philosophique comme c'est le cas pour Avicenne: extraits "des poèmes de la medecine" :

- Un homme qui promet…, fit-elle désabusée (Yasmina) Les promesses d'hommes sont pareilles aux vagues de la mer : elles meurent aussi vite qu'elles naissent. Page 185
- Ce qui est imparfait chez toi, Ibn Sina, c'est ta crainte de l'amour…
Il ne put s'empêcher de sourire.
- c'est bien. Alors dis-moi ce qu'est l'amour ?
- Le don de soi. Le sacrifice. Le pardon.
Sans se départir de son sourire, il contempla d'un air distrait les grains de sable qui filaient entre ses doigts.
- Pardonne-moi. Mais je crois que tu fais erreur. Ou alors tu dois vivre dans le monde des rêves. Je vais te dire ce qu'est l'amour.Il se tourna vers elle et elle crut sentir ses yeux qui plongeaient au-dedans de son âme.
- Lorsque nous disons que nous aimons, qu'est-ce que cela veut dire ? simplement que
nous possédons. Puisque dès l'instant que nous perdons la personne aimée nous nous
sentons perdus, vides de tout. En réalité, en disant que nous aimons, nous ne faisons
que légaliser un sentiment de possession.
- Même lorsque nous pardonnons à un être qui nous fait mal, qui nous trahtit
- Même là. Que faisons-nous ? On lui veut, on s'en souvient. Et finalement nous
sommes amenés à prononcer la phrase sacrée :" Je te pardonne " Qu'est-ce que cela
révèle ? Rien. Rien d'autre si ce n'est que nous demeurons toujours et encore le
personnage central, que c'est "moi" qui assume l'importance, puisque c'est encore "moi" qui pardonne…tu as peut-être raison Yasmina. Je crains l'amour. Il n'est fondé que sur l'attirance des corps, sur l'idée de possession, la jalousie, la méfiance et la peur. C'est terrible d'avoir peur. C'est comme mourir. Certes, nous croyons aimer. Mais en vérité, nous n'aimons que nous. Et comme je te le disais, je me trouve imparfait. Peut-on aimer ce qui est imparfait ?
Yasmina leva les bras au ciel dans un geste fataliste.
- Cheikh el-raïs, ta rhétorique me dépasse. Je ne suis qu'une simple mortelle. Je te parle de cœur,Tu me parles d'algèbre et de choses qui me dépassent…soit, puisque tel est ton désir, tu partiras Sans moi vers la province du Sud. Page 216

Une belle reflexion sur l'amour et la vie.(quoique un peu pessimiste)

La medecine,c'est beau, on ne le dira jamais assez!

samedi, mars 10, 2007

une nouvelle brise souffle par ici




L'on dit souvent qu'une absence, une retraite est une occasion pour mieux renaître, ou marquer une presence,"errance" reprend, avec un nouvel esprit, un nouveau concept,mais surtout un nouveau souffle.

Et vous,chers acteurs et actrices de la blogoma y êtes pour beaucoup.

Ces quelques mois "d'exil" volontaire, loin de toute vie active et sociale réelle ou virtuelle m'ont permis de me ressourcer,retrouver l'inspiration à partir d'une nouvelle vision de la vie ,de moi-même, de prendre un nouveau départ.

A un certain moment, l'écriture ne m'interéssait plus vraiment, ou venait en second plan dans mes préoccupations , non par choix, mais par obligation et concours de circonstances.
Il faut dire que je n'ai pas supporté être loin des livres et des mots,que je ressentais chaque jour une très grande frustration , j'ai envie de m'exprimer à nouveau , les quelques instants que je consacrais à surfer de blog en blog m'ont fait constater combien la blogoma a évolué , la blogoma est une inestimable mine d'artistes et d'intellectuels et j'ai à nouveau envie de participer à cette dynamique conviviale, de tendre mes voiles moi aussi sur l'océan , j'ai vraiment été ébloui par la richesse de certains blogs et donc je ne veux plus qu' "errance" se limite à mes modestes productions littéraires , je veux qu'il devienne ma tribune,et ma fenêtre sur vous!

j'ai essayé de relooker ce blog ( le résultat n'est pas fameux fameux,je sais , :)) ) , j'ai pensé aussi à le rebaptiser ; mais finalement je trouve que l'errance reste toujours mon état d'esprit, certe il ne s'agit plus d'une fatalité , ou d'une quête de soi ou recherche d'alternatives , il est question d'une philosophie que j'ai adoptée ; j'ai appris à considérer l'aspect positif de l'errance des pensées et des reflexions , celle qui permet d'aller vers l'autre , de voguer , de chercher d'autres horizons ,se réinventer , d'apprendre ,vivre , vivre, vivre, cent vies dans la vie...rien que par la puissance de l'esprit.
J'ai mûri !!!!????

Je remercie ceux et celles qui ont continué à me lire, à venir chercher de mes nouvelles,mes campères de la blagoma qui se reconnaitront , je remercie énormément les nouveaux venus qui ont fait escale ici , je remercie ceux qui ont glissé un mot par ci par là sur mes anciens posts , je remercie ceux et celles qui m'ont écrit,et particulièrement celle qui m'a "sommer" de revenir , c'était pour moi un véritable plaisir , une chance de vous connaitre et de discuter avec vous.

L'aventure continue.

vendredi, octobre 20, 2006

errance musique (2)


Dans ce post , je voudrais célébrer un musicien,Paco de Lucia, le maître incontestable de la musique flamenca , ce monsieur me fait rêver depuis si longtemps, ses compositions ont toujours bercées ma vie,le son de sa guitare a fait partie de mon enfance.
Quand j'écoute Paco de Lucia aujourd'hui, je voie Mathilda , ma " Tilda" , à coté de Lahcen dans ce vieux pick up Mitsubishi , "Tilda" fofolle et si rigide à la foie, qui m'obligeait à m'asseoir à la banquette arrière , et s'emparait d'un air directeur du radio cassette,"Tilda" qui mettait Paco malgré les protestations chaleureuse de notre chauffeur ,ardent admirateur de fatna bent lhoucin et raissa taba3mrant,le vieux Lahcen qui m'a transmis ce goût musical ,à travers les années,les voyages, et les kilomètres de route, "Tilda" qui demandait à Lahcen de rouler plus vite,encore plus vite, qui montait le son plus fort,très fort, et me faisait sortir la tête par la fenêtre,

"attrape le vent, attrape le vent", ne le laisse pas partir, il file entre tes cheveux,il file entre tes doigts ,attrape le vent"

"Tilda" qui jeunait le Ramadan par solidarité,"tilda" qui adorait se teindre les cheveux au henné ,"tilda" qui collectionnait les lapins en peluche,"tilda" qui classait à merveille les dossiers ,"tilda" qui portait souvent un pull over en laine rouge,"tilda" qui ne vivait que pour ses plaisirs... tante "tilda" qui m'a fait découvrir Paco de Lucia!
Quand j'écoute sa musique, je voie Imane avec sa robe de gitane que toute les filles enviait, y compris moi même, Imane qui m'avait promis de me la prêter un jour, sa robe petit-pois rouge, cerf-volant, au miles volants, pour que je puisse m'envoler haut, très haut, Imane est parti, et moi j'ai grandi, la robe s'ennuie seule, mais Paco de Lucia est là...
Quand j'écoute sa musique je me vois au nord, avec le bleu à l'infini, et ce chocolat de contrebande qui me donnait des irruptions, je vois cette queue interminable devant le vendeur de "churro", et le sable, et le sable, et l'or sous mes pieds! Je vois Chaouen, j'aime cette ville, innocente, hésitante, perchée entre ciel et terre, j’aime ses cafés.
Quand j'écoute sa musique je rêve de Cordoue, de Séville, de l'Alhambra, de l'Alcazar, de ces fabuleux jardins, de ces pans de notre histoire, je rêve du jour où je les foulerai de mes pas, et là je pourrai peut être apprivoiser le vent de "tilda".
Quand j'écoute sa musique, je ferme les yeux et des fois je pense à mes déceptions, la guitare me console, les vibrations des cordes caressent mes tympans, et les castagnettes dansent dans ma tête pour me redonner envie de les ouvrir, de respirer et de continuer.
Souvent quand j'écoute Paco de Lucia, je rêve des petits bonheurs de la vie, je rêve d'enfants, de famille, de tendresse, de parents, d’amies et mon coeur mariné au sirop d'amour est si lourd, si lourd à porter.
Quand j'écoute la musique de Paco de Lucia, je me sens légère et j'ai envie de vie.













lundi, octobre 16, 2006

vendredi, octobre 06, 2006

voilée



-Voilée- Carmen Manno




Un jour, un de ces jours sans matin ni nuit,
Où les rêves prennent soudain forme, prennent vie
Où remuent, se réveillent les folles envies,
Et à jamais s’endort, se meurt l’infatigable ennui

Sous les jougs pesants de l’aube naissant
Succédant aux hospices du défunt crépuscule
Dans un désert infini au vide saisissant,
Que le ciel enveloppe de fastueux tentacules

Roumi le beau, Roumi l’esthète,
Roumi l’aventurier,
l'inventeur savant

Roumi lancelot, Roumi le brave,
Roumi le chevalier
Le sauveur conquérant

Explora les bouts de ces contrées perdues,
Encore à sa mémorable mémoire inconnues
Sillonnant, dévalant, sans halte, sans nul repos
Grattant le sable, traître toile, de ses pinceaux

Mais en lointains souvenirs se muent les traces
D’un geste violent, une tempête, le vent efface
En cœur, des entrailles du désert faisant surface
Les scorpions chantaient riant, raillant l’impasse

Ses animaux, chameaux, chevaux d’acier et de fer,
Avaient troublé la paisible quiétude de ces lieux .
Et de ce même insolite élan, les rumeurs passagères
Ont alerté voilée, la déesse régnant sous ces cieux

Elle apparut, sublime, majesté sans digne émule
Noyée, engloutie dans son océan de voiles,
Dont les vagues, sur son gracieux corps, ondulent
Naufragée, le pas agile, confetti d’étoiles

L’œil miel, saphir, caramel,
Planté sur les rives de sa peau couleur de dunes
Hâle safran, senteur cannelle,
Brillant des milles feux que les mortels adulent

Voilée s’approchât de roumi au teint livide,
Croulant sous le charme de la belle numide
Soudain il succomba, et rendit ses armes
Dans un coffret, toutes les clés de son âme

Voilée, errer dans ton royaume est fantastique aventure
Même magique, si angoissante est la mystique nature
Vis, fleuris, éclate ces chaînes millénaires
Renaît des décombres de tissus séculaires

Souveraine de mes désirs, digne héritière maure des reines,
De Nubie et d’Egypte, je suis ton esseulé, enlève moi
Que ce silence soit déchiré des résonances de nos émois
Mon convoi, mes vivres, belle, mêmes mes peines,
Ensevelis les tous sous le sable brûlant de tes plaines

Intrépide aventurier, ici mon hôte, noble Roumi
Dont j’ai longtemps ouie dire de l’immense génie
Le silence pour ton serpent age est mon unique prix
Ta sagesse n’en deviendra que des plus accomplie

Sache qu’au bon sens du temps, nul lien ne survit
Que les chaînes vétustes sont les sentiers de l’infini
Sous le sable tu trouveras enterré le secret d’une trinité
Ce secret est le chemin de liberté, plénitude, éternité

Si tu cherches sous l’épaisseur des plis, ou des voiles,
La silhouette, le ravissement, les courbes d’une femme
Tu ne trouveras derrière ces vapeurs ni femelle ni male
Mais un esprit philosophe, florilège de pensées banales

La toile fait éclore, jaillir l’essence de l’être,
Donne une voix puissante, transcende le paraître
Elle enchante et séduit, au subtile elle suggère
Éveille les sens, bannit l’ennui surtout l’éphémère

Au centre du monde, ton œil est ton cœur,
Ta vérité est ton salut, et lui l’éclaireur
Dans le désert, les sans –cœur sont aveugles impurs
Le voyant, l’âme sage, s’extasie de la verdure

Ouvre toi à la communion de l’esprit,
A sa pureté, à son langage
Engouffre toi dans les ruelles de l’éternel,
Loin des plaisirs volages
Suis- moi, dans ta quête je serai douce compagne,
Je descellerai une à une, les portes de ton âme

lundi, août 28, 2006

à Green



-le talisman bleu- Ahmed Cherkaoui


ton poème est magnifique,et il serait indigne et ingrat de ma part de le laisser errer au sein des commentaires,j'ai choisi de partager,à mon tour, le plaisir de le lire,et le relire , merci pour tes mots,et merci pour le partage,je me suis permis de l'accampagner d'une illustration,un tableau qui m'intrigue,j'éspère que tu apprécieras si tu es à nouveau de passage en ces lieux


Le Bonimenteur


De mon âme candide, un frisson idiot.
Se plait, avide parleur d’être stupide.
Poète à ses heures le cœur ballot,
De ne s’étancher qu’en la cristalline peau,
Des lèvres limpides de la belle numide.

De mes abysses ivres déferlent des mots.
En quête unique de feuilles écrites,
De lettres mortes charriées aux gré des eaux.
D’océan de flots où dérive mon radeau,
Vers ma sirène et ma baie interdite.

A sillonner tour à tour de l’îlot
Jamais je n’y jetterai mon ancre
Pour gravir ses falaises en assaut
Affreux destin de matelot,
Sans vaillance et sans exploit pour les chantres

Aucune vague à surmonter
Aucun écueil où s’abîmer
Héros perdu dans sa brume
A chercher son étoile
Il n’y a que le vent qui le hume
Sans phare, dissipé dans les voiles

Et cela les eaux l’avaient su
Dans l’orage le ressac n’a de cesse de conter
Sur les plages et par devant les rivages
Dans son chant morose et monotone
La destinée des fous étourdis, éperdus

Green

samedi, août 19, 2006

désillusion



Bernard Noel - illusion _désillusion -


S : je ne veux plus écrire,et ne me demande plus pourquoi !

S' : pourquoi

S : je ne sais pas

S' : lâche, lâche, piètre joueuse, tu te recroquevilles encore, tu te caches derrière le paravent de tes mots, ta seule arme, même ennuyée des mots, tu compte toujours sur eux pour te protéger

S : de qui, … de toi

S' : de ton ego … tu me déçois…waw S, enfin tu as trouvé un adversaire à taille,… ton ego…as-tu peur de le briser,as-tu peur de l’humilier, as-tu peur d’une victoire cette fois, cet ennemi est si différent n’est-ce pas , tu es terrifiante, mais tu baisses si vite les bras, que je n’ai plus nul plaisir à suivre ta lutte , à t’observer, tu ne t’acharne pas, tu ne sue pas, tu ne veux pas saigner, ton combat est d’une telle mollesse...tu me déçois…

S : non, non, et non,…pas ce petit jeu

S': pourquoi ne veux tu plus écrire

S : désillusion

S': et encore

S : désillusion

S': c’est tout

S : oui

S': pourquoi

S : tout ce qui se passe, ces guerres, ces morts…ces images, cette violence…je ne veux plus continuer à mentir, à me mentir, je ne veux plus continuer à parler des rossignols perchés sur les arbres, des coquelicots dans les champs, des sérénades de Roméo sous les fenêtres de sa Juliette , ça ne serre plus à rien , tu comprends N, aucune espèce d’utilité, je n’y crois plus…c’est tellement affreux, horrible, douloureux, vrai , que même le plus gracieux des mots ne réussira point à camoufler le paysage, maquiller la vérité , à créer l’illusion, rien, tu comprends…mes mots sont vides, creux, insensés, mes mots me dégoûtent , ils sont fades, incolores, inodores, mes mots ne me font plus rêver tu sais ,que vais –je dire maintenant, ce que nous savons tous, dénoncer, me lamenter, je ne veux plus parler des malheurs de ce monde, on s’en moque…le temps des silences est venu

S': et alors

S : je me tais

S': trop simple, tu n’es pas convaincante !

S : je n’ai rien à rajouter

S': tu me fais rire, la guerre au Liban et l’indifférence générale t’ont donc tellement démotivée ! Pourquoi écrivais-tu auparavant ? Pour la paix dans le monde ? Pour que les rossignols chantent mieux ? Ou alors était-ce pour quelque fortune ou gloire auxquelles tu aurais renoncé en solidarité avec ces belles libanaises ? Ah S , pour avoir vu des hommes et des femmes aux différentes couleurs je peux te dire que tu approuveras la moitié et renieras l’autre, que depuis que le monde est monde il ne s’agit que d’une course de rats. Que des espagnols aient massacré des aztèques, que des américains aient massacré des
indiens, que des nazies aient massacré des juifs, que des turcs aient massacré des arméniens ,que des anglais aient massacré des indous, que des français aient massacré des algériens , et que de ton vivant, des russes aient massacré des russes, des irakiens aient massacré des chiites, des serbes aient massacré les bosniaques, des hutus aient massacré des tutsis. Ne savais-tu donc pas tout cela ou est-ce les libanais que tu aimes tellement ? Ou alors attends-tu la fin de cette guerre pour te remettre à louer la beauté, parce que cela convient mieux en temps de paix ? Ton silence est ta solidarité ?

S : c’est tout

S': c’est beaucoup

S : (sourire) c’est trop difficile pour toi , il s’agit de moi , et en « moi », tu n’es que novice, a- tu compris qu’il s’agit de moi S', as-tu compris que je ne veux plus être ce que je suis, que je ne veux plus continuer à vivre dans la quête de l’illusion , que je ne veux plus faire vibrer mon utopie par les mots, ce dont je parle n’existe pas, rendons-nous à l’évidence, la beauté, la bonté, la justice,l’égalité, la fraternité, l’innocence , la liberté , la pureté, la paix, sont de belles utopies,… tu ris,… on le savait ,… je sais, la différence est que maintenant , on a plus le droit d’en rêver tellement c’est absurde, c’est ridicule…S', on tue l’enfant S', tu comprends, on tue l’enfant, et moi je veux tuer celui qui végète en moi, je veux l’étouffer, l’assécher, c’est lui qui écrit, qui s’invente ses mots, ses phrases, son monde idéal…je ne veux plus que mes mots vernissent ce que je vois , je veux devenir une brute pour vivre dans ce monde de brutes et ne pas me laisser écraser comme un minable insecte, je ne veux plus cultiver ma sensibilité, la laisser fleurir ici et s’épanouir, j’ai découvert que c’est une plante vénéneuse , alors j’ai trouvé dans le silence le plus noble des poisons !

S' : c’est tout...se radicaliser, c'est ça ta solution!

S : oh S', j’ai écrit, j’ai crée, tout un monde virtuel , je suis parti à la recherche d’autres spécimens de ma race, les écoeurés, les dégoûtés , les esthètes , ceux qui veulent se noyer , se soûler dans les mots, loin de la réalité, ceux qui trouvent que ce monde comme il est n’est pas assez bien pour eux, n’est pas digne d’eux , ceux qui sont conscients qu’ils sont trop supérieurs pour accepter d’y vivre, ceux qui valorisent les valeurs, qui rendent précieuses et glorieuse les causes, qui se donnent la peine d’y croire malgré tout , ceux qui réfléchissent, ceux qui veulent rêver…même en virtuel , je les ai tous invités à en faire partie , une île sur la toile !

S' : et là que tu les a trouvés, tu les abandonnes, tu les chasses, tu fuis

S : j’ai trouvé le réel en miniature, j’ai trouvé les bons, les droits, les sages , les sincères , les intellos, les intelligents, les progressistes, les bons joueurs, les bons farceurs, les drôles,les esclaves des mots, les fanatiques de l’illusion, ces beaux rêveurs, ces excellents mélomanes, des artistes, et les audacieux, les hardis, j’ai trouvé les hypocrites , les voleurs , les singes , les perroquets, les pitres, les superficiels, les frimeurs, les assoiffés de gloire , les fous, les trop sérieux, les m’as-tu vu , les m’as-tu lu , les prétentieux, les donneurs de leçons, les faux poètes , les faux journalistes, les faux docteurs, les faux libres , les faux engagés, et les apprentis terroristes, les bébés obscurantistes …mais rien de bien méchant…et tous très joyeux , j’ai su que l’écriture n’est pas le propre , l’insigne, le blason de ma race !

S': et toi

S : moi

S' : où es – tu dans tout ça, où te situes-tu ?

S : au carrefour, désorientée, déboussolée, moi je suis un peu de tout ça , je ne suis personne et je suis tout le monde, je n’ai aucune étiquette, mais sur mon dos , tu peux coller toutes les étiquettes , en fait finalement, ce que j’ai eu c’est une imperfection atténuée du monde, moins aigue, moins dure, moins vulgaire , plus supportable,plus douce, plus esthétique pour m’exprimer comme tu aime, ce que j’ai eu c’est le reflet de mon imperfection…un écho…ce que j’ai su, c’est que je fais partie du système et que je contribue à ériger ce système que je fuis, ce que j’ai su, c’est que je suis dans un tourbillon auquel il est impossible de faire face !

S': tu es l’incarnation de cette imperfection tu sais, tu es la coupe où se mélange le tout, et ta manie de juger, évaluer, remettre en question, le tout, à commencer par toi-même m’énerve… ah …ce que tu oublies vite…te rappelles tu ce que tu m’as dit un jour en riant, avec assurance, pourquoi écrire ? Pour s’exprimer, pour partager avec les autres des mots et des maux,révéler la beauté là ou elle est cachée, trahir l’authentique, le dépoussiérer, l’astiquer et l’exposer fièrement comme un magnifique objet d’art , gratter la rouille , le rendre luisant, scintillant, rendre le banal magique et le beau formidable, exorciser ses peines et ses doutes, libérer ses pensées. Waw avais-je pensé, envoûté par ta voix, un être supérieur, T’en rappelles-tu, de tout ceci, tu disais que la poésie réconcilie les cœurs, la sensibilité aide les paumés, le verbe est un don de dieu, le pouvoir de mélanger le miel au beurre, et qui es tu pour interdire le rêve, qui es tu pour te priver du rêve ! Enfin, aurais-tu perdu la foi ?

S : non, ma foie est bien plus grande que moi, elle me dépasse, elle est si profondément enracinée celle là, la désillusion n’y peut rien, je ne crois plus en la force du mot, c’est tout

S': Ce que je vois, c’est qu’il te manque un ingrédient essentiel : ne pas se prendre au sérieux, arrête de prendre au sérieux des choses qui ne le méritent pas, arrête de te prendre au sérieux, papillonne, prends du plaisir à ce silence vivant dont parle ce cher suédois que tu n’aimes pas. L’écriture en est la forme ultime.

« Mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

« Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui
construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant. »
Crache ta désillusion

S : et l’ennui

S': tu ne sais pas cracher, alors apprends à le faire, ça te permettra de te débarrasser de l’ennui pour un moment !

S : (sourire) : soit

dimanche, juin 18, 2006

le temps des silences



Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi sur ce banc je m’abreuve des silences, aujourd’hui c’est le temps des silences, je tire de mon sac un miroir, losangique, au cadre d’ivoire, je contemple, et je m’apprête à accueillir les plaisirs défendus,les souhaits entretenus,un rêve.

Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi je voudrais t’entendre rire,je voudrais suspendre sur tes lèvres un croissant de lune,le renverser et bien l’aplatir, je voudrais planter dans tes pupilles des rayons de soleils, et de petits astres couleur vermeil , je voudrais napper tes cils d’un sirop bleu azur, qu’il dégouline dans chaque échancrure, je voudrais semer sur ton corps de la poudre d’étoile,et des grains de neige de la blancheur des voiles, je voudrais fendre tes cheveux d’un oeuillet, d’ une jonquille, pendre à ton cou un collier de coquilles , je voudrais t’habiller d’un velours de nuages, cintrer ta taille par des roses en corsage, y épingler des clés de sol , de fa , dans le creux de ta main, dessiner un panda !

Aujourd’hui, c’est le temps des silences,

Et moi je voudrais t’accrocher des ailes en carton , t’enlever de ce monde de glace, t’emmener sur la place, glisser sur un arc en ciel, en jouant des timbales, puis te conduire au bal , te faire valser,danser , le tango, la rumba, le paso , la salsa , que tu te libères de mes bras, que tu tournoies, en pirouettes, girouettes, que tu redeviennes gamine, et que je puisse t’acheter de la barbe à papa , je voudrais que tu devienne folle enfin , que tu chantes , que tu joues , que tu farces , que tu m’accompagnes sur un tapis volants, que tu me racontes tes secrets affriolants !

Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi je voudrais te choisir un autre jour, remonter le temps, restituer ton enfance, ton adolescence, laver dans chaque coin les débris de souffrance, effacer tes minables peines, éponger les ridicules tourmentes, sécher de mes mains les imbéciles soucis, et te laisser savourer ta gloire, déguster chaque bouchée de ce bonheur chocolaté, le garder longtemps sous ta langue avant de l’avaler, et surtout intensément t’en délecter !

Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi je me laisse gagner, rattraper, éteindre, consumer par les braises du silence, ce sont mes cendres qui te parlent, ne m’implore plus, ne me supplie plus, en moi, n’est puissante que l’impuissance. Demain, coulera dans tes veines la terrifiante mixture, dont le terme savant est chimiothérapie, sur toi, paraîtra haillons, la plus belle des toilettes, la plus somptueuse des parures. Demain, tu auras mal, tu seras vulnérable, chauve, laide, pâle, maigre, tu n’auras plus de jambes pour sautiller, plus de voix pour piailler, mais sache valeureux, doux reflet que ce supplice est nécessaire pour garder un souffle de vie, des restes de splendeur, un battement de cœur !

Demain c’est le temps des silences,

Et moi je n’ai plus la force, le courage de vouloir, je ne peux que te gratifier d’un affectueux baiser d’adieu, en souvenirs des anciennes réjouissances, oui demain c’est le temps des silences, dis , doux reflet , quand reviendras – tu, sur ce banc, sous ce réverbère, sur ce miroir !

vendredi, juin 16, 2006

waw...waw...waw






Birds flying high
you know how I feel
Sun in the sky
you know how I feel
Reeds driftin' on by
you know how I feel
It's a new dawn
It's a new day
It's a new life for me
And I'm feeling good

Fish in the sea
You know how I feel
River runnin' free
You know how I feel
Blossom on the tree
You know how I feel
It's a new dawn
It's a new day
It's a new life for me
And I'm feeling good

Dragonfly in the sun
You know what I mean
Butterflies all havin' fun
You know what I mean
Sleepin' peace when day's done
That's what I mean
And this whole is a new world
And a gold world for me

Stars when you shine
You know how I feel
Scent of the pine
You know how I feel
Yeah, freedom's mine
And I know how I feel
It's a new dawn
It's a new day
It's a new life for me
And I'm feeling good

samedi, juin 03, 2006

inconnue


Venise inconnue - Carmen Manno -


Qui es- tu?
Des lointains abysses de ton âme;
S'élevait une ténébreuse cantique
Se drapant d'un voile de flamme;
Elle sourdait tel un chant gothique
Qui es-tu?
Délicieuse sensation, plaisante tentation
De t'abandonner à ta souffrance ,
Se réjouir de mon insolence
En ce plein et magnifique désarroi ,
Sentir toute la puissance de l' offense
Hélas,il subsiste toujours,aux tréfonds d'une femme
Quelque part dans les moisissures de ses âmes
Un quart de pitié,un brin d'indulgence;
Contre la torture,une certaine répugnance
Ainsi vint le temps de miraculeusement t'offrir,
En te laissant tout simplement découvrir
Dans tes tumultueuses abîmes mêmes,
A la fragile,la vaine;la bête question ,
Les milles,uniques affirmations...
...Oui,...ces lourdes révélations...
Et de ton désappointement,malicieusement
Se réjouir , de cette noble douleur , s'orgueillir
Eh, toi ,l'homme,qui de sa voix grave,entonne
Sans cesse;sous ces cieux sereins,la fatigante litanie
Shut... Voici,...voilà...ma réponse...
Je suis la gardienne de tes sens
Cette fleur,qui pousse, dans les cavités de ton coeur
Que tu arrose,délicatement,de la pourpre liqueur
Qui s'éclot,et t'enivre ,de ses enchanteresques senteurs
Affolé,tu te pâmes,tu te perds,dans cet univers de fraîcheur
Je suis cette lettre sensuelle,qui , se déhanche,
Frivole, fatale , sous l'encre de ta plume
Je suis cette banale voyelle , qui te lacère la gorge
Jusqu'au sang , jusqu'au rhume
Je suis cette larme sentinelle , qui te martèle l'oeil,
Qui te pique , sans nul enclume
Que tu ne veux point laisser couler,car de ta majesté,
Subtilement, elle te déplume
Je suis cette goutte de sueur perlant sur ta tempe,
Les mélancoliques matins de brume
Je suis ton ombre,si frêle,légère,mais qui te colle
Comme la plus ancestrale des coutumes
Je ne suis qu'une méchante sangsue
Qui sous les apparences d'une nymphe,odalisque,fée
Te pompe goulûment,.. La vie... sans retenue
Je suis...je suis...je suis...tellement
Que je ne m'en souviens plus

samedi, avril 29, 2006

feelings


Il y a des moments dans la vie particuliers
Il y a des moments dans la vie où vous sentez,comme ça où vous arrivez à un carrefour crucial, il y a des moments charnières, où vous vous rendez compte que vous êtes en train de tourner la page,que vous devez céder la place à un autre vous pour prendre les rennes de votre existence,il y a des moments comme ça ou vous jettez un coup d'oeil à votre passé,ou vous vous baladez dans votre ville natale, pour voir que la maison où vous êtes né a laissé place à un immeuble cinq étages,que la clinique où vous avez poussé votre premier cri sera démolie à la faveur d'un gigantesque proget hôtelier,où vous déplorez ces miettes de votre mémoire d'enfant qui s'effritent; ou vous rentrez tranquillement chez vous,là ou il y a cette couleur ocre qui vous rassure tant, où vous vous dirigez spontanémment vers la mer,dans cette ville sans mer,mais vous,seul,dans ce coin,près de ce bassin d'eau,vous percevez toute la grandeur de l'océan,et vous vous sentez déjà tellement vieux du haut de vos 23 ans,ces instants là ou vous commencez déjà à imaginer vos 30 ans,vos 50 et vos 70ans.ces moments là où vous allez quitter définitivement les bancs d'une faculté,certains de vos amis,de vos connaissances,où les routes se séparent,où des milliers de scènes,de souvenirs se bousculent dans votre petite tête,et vous sentez cette chaleur qui monte en vous,vous êtes fière de vous,de votre jeunesse,de votre beauté,de votre brillance d'esprit,vous êtes heureux,malgré cette angoisse qu'il y a en vous,cette crainte de la responsabilité,des charges,que vous allez devoir assumer dorénavant.Une fenêtre est entrouverte,vous faites appel à tous vos dons de voyance,de clairvoyance pour essayer de tracer votre destin futur, exténué,vous baissez les bras, laissez tout au hasard; et vous terminez par des espérances !

mercredi, avril 05, 2006

à toi


Fadi,
je tenais à te rendre un dernier hommage, ici.
Tu es le bloggeur qui a eu le plus d'impact sur moi, qui m'a vivement encouragé au tout début de cette aventure, et c'était pour moi, à chaque fois, un réel plaisir et honneur de correspondre avec toi à travers ce blog, aujourd'hui,tu nous as quitté, pour un monde meilleur, peut-être celui dont tu rêvais, brave citoyen, patriote, soucieux du devenir de ce pays,et des maux de cette jeunesse, en tout cas, tes idées , cet esprit Fadi illuminera toujours la blogma.
Adieu

jeudi, mars 30, 2006

dernier espoir





Il est un arbre au cimetière
Poussant en pleine liberté,
Non planté par un deuil dicté, -
Qui flotte au long d'une humble pierre.
Sur cet arbre, été comme hiver,
Un oiseau vient qui chante clair
Sa chanson tristement fidèle.
Cet arbre et cet oiseau c'est nous :
Toi le souvenir, moi l'absence
Que le temps - qui passe - recense...
Ah, vivre encore à tes genoux !
Ah, vivre encore ! Mais quoi, ma belle,
Le néant est mon froid vainqueur...
Du moins, dis, je vis dans ton coeur ?


Paul Verlaine (1844-1896) : Le livre posthume

mercredi, mars 01, 2006

Scott (3)


l'éxode - Samab



Cet homme m'inspirait de la méfiance, je ne comprenais absolument pas comment on pouvait être aussi désinvolte, et sérieux à la fois. je voyais en Scott,en l'humour de Scott,en l'errance de Scott,un homme qui traite la vie comme un Monopoly,qui se joue d'elle comme elle se joue de lui,mais j'étais aussitôt surpris par ses idées .Mon professeur était un adepte de l'apprentissage ludique,un jeu,appelle une citation,qui initie un débat,nous essayions au début d'exprimer nos opinions en anglais,mais les discussions s'enflammaient rapidement ,que l'anglais aille au diable,un marocain sur ces nerfs,dans les quatre coins de la planète,parle toujours en Darija,quelque fois,l'égyptien prenais le dessus,pour que Scott puisse bien suivre la discussion. Ce monsieur s'arrangeait toujours pour centrer le débat sur de grandes questions existentielles, spirituelles, sous prétexte de partager ses plaisirs de lecture" soufi", certaines de ses citations trotte encore dans mon esprit :

« on ne peut créer l'intuition intellectuelle là où son absence est dans l'essence de l'individu, mais elle peut être actualisée là où son absence n'est qu'accidentelle, sans quoi il serait insensé d'en parler. »

« Il est possible que des intelligents acceptent l'erreur, il doit être possible également que des naïfs acceptent la vérité. »

« L'intelligence n'est belle que quand elle ne détruit pas la foi, et la foi n'est belle que quand elle ne s'oppose pas à l'intelligence. »

Parallèlement à cet engouement pour le soufisme, il développa une sainte horreur pour la psychanalyse, les théories de Freud, qu’il trouvait complètement farfelues, ayant comme dessin sournois de noyer Le repère, aller savoir pourquoi !
Le repère, ce mot était présent en filigrane dans le discours de Scott, sans qu’il réussisse à en donner une claire définition, c’est pour lui un magma de valeurs, d’idées, de croyances fixes, qui doivent épargner à la personne toute gymnastique intellectuelle à propos de sa vie, du pourquoi des choses, qui doivent la guider, lui dicter une conduite, mais ce que Scott cherchait, c’était la nature du repère !Scott se rendit dans les zaouïas Tijania, et Boudchichia, il était en cours de conversion à l'islam.
Ce grand blond aux yeux bleu azur, au regard enjoué joueur, avec ce blue - jean étriqué qui donnait l’impression d’avoir mené toutes les grandes guerre de ce monde, ce sac à dos vert qui ressemblait à une caverne d’Ali Baba, d’où s’échappait à chaque séance un objet mystique, une pipe, du swak ou un rasoir électrique, car Scott se rasait toujours en classe, il n’avait pas le temps de le faire ailleurs ! Cet homme était l’objet de ma curiosité, mon amitié avec Scott, nos grandes conversations, nos querelles d’opinion, m’ont permis de mieux me comprendre, de savoir que moi j’avais ce grand trésor que Scott convoitait goulûment, Le repère, quatre vérités toutes simples, bien faites, bien ancrées dans ma petite tête, qui tracent jusqu’à ce jour mon chemin de vie, et qui font que je n’ai jamais eu la moindre envie de changer mon nom, mon style de vie,mes principes, ma foie,ou même de quitter Fez, mon antre.
Grâce à Scott, je suis devenu conscient de l’importance de l’héritage, de toutes ces accumulations de réflexions que nous ont légué nos ancêtres, cette pensée qui a évolué, a été affinée au fil des siècles. Grâce à Scott j’ai réalisé l’importance de la valorisation du passé, et le danger de rester prisonnier du passé, grâce à Scott,j’ai senti l’intérêt qu’il y a à aller vers l’autre , car enfin,peut-on vivre sans l’autre,et l’autre peut-il vivre sans nous !
Scott a quitté le Maroc, voilà deux ans, avant de partir, nous déjeunâmes ensemble, chez moi. Il prévoyait de rentrer définitivement aux états- unis, il avait passé quatre ans à Fez, où sa dent de sagesse a brusquement fait irruption, disait-il en riant.
Depuis, j’ai reçu deux cartes postales de lui, dont les timbres constituent les joyaux de ma collection, une de Djibouti, et une autre de chine, où il s’extasie de la sympathie des moines tibétains, il faisait grand cas du bouddhisme.
De temps en temps, je pense à lui, et un sourire se dessine sur mes lèvres en imaginant Scott gourou d’une secte, Scott aura un jour ses scottiens, qui sait!

dimanche, février 26, 2006

Scott (2)


Vue des tanneries de Fez



Roman déboursa une coquette somme pour satisfaire cette nouvelle lubie, car Scott avait fait une promesse, le retour, à la raison, au pays est proche!
une semaine à Casablanca fût suffisante pour qu’il s’en fasse une opinion,Scott se rendit compte tout de suite de la différence,cette ville n'a rien d'orientale, elle ne sent même pas l’épice,c'est une piètre reproduction de ces villes européennes,une parodie de l'occident,d'une tristesse,d'une sobriété étouffante,cette ville manque de joie,de couleur,d'originalité,de vivacité,cette ville nouvellement cosmopolite a perdu son identité,on dirait une de ces femmes de rue trop fardées, fanées, vieillies par les lumières des néons,qui déploie tellement de zèle pour séduire,mais qui n’attire plus personnes,des coques vides. Scott n'aime pas Casablanca. Les livres ne mentent pas, il le savait et donc il était tout naturel pour lui de quitter la blanche pour les villes impériales. Ce qu'il cherchait,c'était dans Fez qu'il le trouva,Scott aimait sentir ce poids de l'histoire,du passé,de l'intrigue, le sentir dans l’eau des fontaines qu’il boit, dans l'air qu'il respire, les étroites ruelles où il se promène,les murs où il s'adosse,sur ces silhouettes diaphanes qu’il croise. Il se baladait des journées entières dans l'ancienne ville, son appareil photo autour du cou, et photographiait des gravures, des arabesques , des portes, des enfants, des artisans auxquels il s'était facilement lié d'amitié. Ce qu'il admirait par dessus tout, dans Fez, c'était les mules, cette belle cohabitation entre l'homme et la mule. Je me rappelle encore de ses phrases si sérieuses, si élogieuses, à propos de cet animal.
Il élut domicile dans la Médina, et commença à redonner des cours d'anglais. Durant cette période, il s'enticha à travers la poésie du Soufisme, il lisait les poèmes de Yunus Emre, appréciait la dimension qu'il donnait à l'homme, à dieu, et les faisait lire à ses élèves. En voici un qu'il affectionnait particulièrement:


Si tu as brisé une fois un cœur
Ta prière ne sera pas une prière
Même soixante-dix-huit nations
Ne pourront nettoyer tes mains et ton visage
Si tu as réconcilié un cœur
Si tu as aidé quelqu’un

Si tu as une fois fait la charité à quelqu’un
Ce sera un sur mille, ce n’est pas peu
Yunus prononce ces paroles
Comme s’il mélangeait le miel au beurre
Il vend sa marchandise Son poids est la substance, pas le sel.


J'étais un de ses élèves.

mercredi, février 15, 2006

Scott (1)


Scott,de son vrai nom David Davidov,26 ans,fils de roman et Léa Davidov,juifs,russes, immigrés aux Etats- unis en 1948.Roman est un spéculateur connu à Wallstreet ,sa spécialité:le diamant ,sud-africain;angolais. David est son fils unique, il a reçu la meilleure éducation que puisse avoir un jeune américain de son âge, dans les meilleurs établissements scolaires, Léa y veillait méticuleusement. Tout le destinait à être un enfant prodige, un avocat, comme espérait son père, ou un architecte comme voulait sa mère.
David était new-yorkais dans l'âme, à 20 ans, il décida, dans une grande révélation, de devenir citoyen du monde, se saisit de son paletot, direction, l'Irlande. David avait tellement lu et relu "autant en emporte le vent", était si fervent admirateur de Clarck Gable dans son rôle de "Rhett Butler", connaissait si bien Atlanta, qu'il voulait découvrir la magie des Highlands, palper de près la fougue de ce sang irlandais,et pourquoi pas,rencontrer sa Scarlett,aux yeux vert-jade, à la crinière rousse flamboyante, David était un romantique.
Ce qui était sensé être une simple escapade de 15 jours, dura 7 mois,David sillonna, l'Irlande avec de nouveaux amis,David était en train de se découvrir, Scott était en train de naître, Scott,enterra David .Scott fit de la Bohême, sa devise,sa philosophie, il se convertit au protestantisme, comment, il n'accepta jamais de le dire,hasard,hasard,répétait il sans cesse. Mais Scott ne croyait pas au hasard, ni a la coïncidence, tout pour lui est volonté et désir d'être. Il était anarchiste, depuis toujours, il refusait les fatalités, le destin, les "c'est écrit","c’est comme ça", il refusait qu'on choisisse à sa place, qu'on impose ces choix, même pour son prénom, même pour sa foie.
Scott lisait beaucoup, avait l'esprit rêveur, le goût de l'aventure, était à la recherche de sensations nouvelles, c'est pourquoi il s'envola pour un Safari au Kenya, il en gardait de formidable souvenirs et se hâtait de brandir ses photos en compagnie des rhinocéros et des Massaï, ou de commenter en une spectaculaire gestuelle la traque des lions, à chaque fois que l'occasion s'en présentait, c'est à dire à chaque fois que je le rencontrais.
Il séjourna 4 mois au kenya, ses parents s'inquiétaient, Léa le sommait de rentrer, ses missives soufflaient une colère torrentielle,"enfin, David, nous n'accepterons jamais cette crise d'adolescence","Harvard veulent une confirmation", en vain.
Léa n'a rien compris, pour Scott, le monde était plus gigantesque qu'Harvard, plus vaste que New- York, le monde était d'une étrangeté intéressante , et lui Scott y succombait,se régalait de la fantaisie des hommes .
Il quitta le Kenya pour l'Egypte, oui, Scott était aussi un mordu des pharaons, du mythe. Déjà, à 10 ans il commença à déchiffrer ses premiers hyièroglyphes, à jeter ses premiers sorts par la force d’ Anubis, le dieu chacal, il avait dans sa chambre une jolie miniature des pyramides de Giseh qui ornait son bureau, il était fasciné par Chéops tout particulièrement. L'argent commença à lui faire défaut, ses parents utilisaient ce moyen en guise de pression,et Scott quitta son hôtel cinq étoiles ,pour une mansarde de la médina,en compagnie de deux amis anglais dont il ne parlait jamais.
Scott n'aimait pas parler des autres, il se plaisait uniquement à parler de lui,à l'infini, il se portait une telle adoration,à la limite de l'idolâtrie,une grande curiosité,aimait surprendre,choquer,s'amusait du jugement que pouvait porter les autres sur lui,affirmait que tous ce qu'il faisait est par essence grandiose,fabuleux,en avait l'intime conviction. Quand, je tentais d'interrompre ses long récit par une question "innocente "sur ses compagnons, il esquivait la manoeuvre par un souriant"boy, honnêtement je ne sais pas,je n'ai jamais fais attention"alors qu'il était le plus fin observateur que j'ai connu jusqu'ici! Inutile d'ajouter que ses fréquentations féminines demeuraient, pour moi, du domaine de l'énigme et du mystère.
Donc, Scott se retrouva dans l'obligation de chercher du travail, il trouvait l'idée ridicule, lui qui avait planifié depuis ses dix ans une vie tranquille à dilapider la fortune paternelle, il s'y résigna, et considéra la chose comme une expérience qui enrichira certainement sa légendaire existence, il commença à donner des cours d'anglais à la petite bourgeoisie du Caire.Il était enchanté par cette vie au Caire, cet esprit oriental, il se plaisait dans cette indifférence, cette jovialité des gens autours d'un narguileh, enfin ce laisser-aller si caractéristique. Ici, on se préoccupait peu du temps, pour le plus grand plaisirs de Scott. Scott était dans son élément. Bien évidemment il visitât le pays, le sud, Aswan, le Karnak, la vallée des rois,la mer rouge, Alexandrie,mais il préférait nettement la capitale.
Il apprit l'Arabe, le dialecte égyptien plus précisemment. A Léa,il envoya une photo qui atténua sa colère,une insolite vue de toilettes turque,elle concéda que oui,ce trou était amusant!
Mais au Caire, et dans les ruelles de l'ancienne ville, Scott s'encombra d'un vice,la collection. Il dépensait tout son argent dans l'achat de statuettes, d'insignifiants colifichets, et c'est grâce au propriétaire d'une de ces échoppes poussiéreuses et pittoresques qu'on nomme bazar qu'il eût ses entrées à Alazhar, où il fût très bien accueilli. Il appris à écrire l'arabe, s'intéressa même à la calligraphie, et pire commença à lire dans cette langue, de la poésie. Scott était devenu très populaire,on arrivait même à oublier que cela fait uniquement 3 ans qu'il est là,Scott était un exemple réussi d'intégration;et bien sur,quand vous êtes aimé des égyptiens,comme l'était Scott,vous êtes obligatoirement un grand supporter de leur équipe nationale de foot- ball,dont vous ne rater aucun « spectacle ». C'est en regardant un match de foot-ball, avec des amis, au café, qu'il entendit pour la première fois parler du Maroc et des marocains, et qu'il mastiquât ces délicieux calembours mielleux que les égyptiens savent si bien fignoler sur ce peuple. Scott, se documenta, bêcha dans les livres, et prit une capitale décision. Scott s'embarque pour le Maroc.