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dimanche, février 05, 2006

le café des délires


Le monde de l'oubli,et l'oubli du monde .
Un beau lieu de perdition.
Le temple de la paresse, de la lassitude .
Le gite du voyeurisme,de la médisance .
Le refuge des désoeuvrés,des écoeurés,des dévergondés,des libertins,des grands sages , des têtes pleines,et même vides ; des anarchistes , des conformistes , des penseurs , des beaux parleurs , des grands prêcheurs,des saltimbanques,de ceux qui se nourrisent du regard des autres,des buveurs de paroles , de toute cette racaille qui peuple joyeusement notre jungle .
Une loge au théâtre des hommes ,
Mais , avant tout , là où je te vois, là où tu me vois peut-être.
Voilà ce que représente pour moi ce café.

Je vais te parler de cette table,que tu connais si bien,elle est juste en face de toi, c'est de là qu'on t'observe le mieux, elle est ronde , travaillée en fer forgé ciselé de motifs fleuraux ,au mileu trône un cendrier blanc carré,en porcelaine,les chaises sont en rotin .
une de ces chaises est toujours placée au même endroit,au carrefour de quatre tables,et jouxtant l'entrée du café. J'aime m 'assoir sur cette chaise,ainsi,je ne perds aucune des trois discussions.
Je capte chaque mot,chaque soupir vient à mes oreilles sans le moindre effort.
Ma table à moi est silencieuse, je veille toujours à être seul , pour mieux savourer cet instant d'oisivité.
la première fois que je suis venu dans ce café,je tenais dans ma main un journal,tu sais un de ces papiers qui se targuent de te parler du monde et de ce qui s'y passe , bon , je m'assoie convenablement,je croise les jambes et je l'ouvre.
Regard rapide sur les titres,les mêmes sujets,la Palestine,l'Irak,un mot sur la Tchétchénie,l'Iran,...,des déclarations fracassantes de simples mortels , et puis un digne représentant de cet éspèce qu'on appelle journalistes qui veux t'analyser le tout,t'expliquer les différentes stratégies, les enjeux, les dessous de tables,bref un tissu d'horreur et d' atrocités à te glacer le sang. Je survole la page économique,comme d'habitude,des actions qui montent,d'autres qui chutent, des courbes,des diagrammes à n'en plus finir, des bénéfices,des pertes,je saute vers la rubrique des faits-divers,des viols,des meurtres,des vols,le tout noyé dans des plages de publicité, "achetez,achetez, et ne faites que ça,achetez...".
Au coin de la dernière page ,un poème, orphelin ,qui parle d'amour.
Mais ce qui me passionne le plus c'est la rubrique nécrologique que je lis attentivement,je compare les différentes formules pour annoncer le décès,les photos, parfois je tombe sur des avis de naissance, glissés,mystérieuresement là.
Finalement , il n'y a que cette rubrique qui change d'un numéro à l'autre,de nouveau noms,de nouvelles photos, d'autres expressions de tristesse,de regret ou de compassion,et la jungle qui s'en moque de ceux qui disparaissent ou de ceux qui viennent,qui continue à grouiller tranquillement.
Je ferme énergiquement ces feuilles , et je t'aperçois.
Sublîme, tu étais , tu sais,sublîme tu es toujours, et sublîme tu resteras.
Comment peut-on être cruellement beau comme tu l'es, magnifiquement parfait,et ne pas s'en cacher,mais au contraire,l'exiber dans une royale indifférence,l'étaler avec cette grâce insouciante au regard des autres,comme seule toi sait le faire.
Comment peut- on garder cette fière impassibilité , ignorer ce qui nous entoure,qu'il s'agisse de bien ou de mal , le défier avec ce regard placide,comme toi tu fais .
Comment peut-on se placer hors du temps,en balayer les marques, échapper aux rides , en rire , par cette glaciale indifférence, comme toi tu fais,
Comment peut-on crier d'une manière aussi insolente,et sans bruit _ "je suis là bande de sauvages" _ par sa simple présence, comme toi tu fais!
Bénis sois - tu,
toi qui fais face à l'ennui par l'ennui même,par la volupté d'être.
Je suis illuminé,dorénavant moi aussi,je m'engage dans ce type d'existence, de résistance,dans cet égocentrisme épicurien ,je bannirai toute forme de reflexion,car rien ne pourrit l'atmosphère comme la reflexion, je renierai tout sentiment, je ne vivrai que pour moi,et que le monde autours s'écroule si il veut!
j'ai admiré tes courbes, tes combrures, la netteté de ton corps ,j'ai sculpté dans ma mémoire chaque détail de ta volupté, l'ovale de ton visage, et ces boucles qui l'encadrent en désordre,et pour la première fois ce dégout,m'a quitté,j'ai même étais surpris de mon état,du fait que je sois encore capable de sensibilité à ta beauté,de m'en émouvoir malgré la lecture de ce journal.
je suis revenu le lendemain pour te voir,puis le surlendemain,puis chaque jour...
je reste là à te contempler,et nous dialoguons à travers notre silencce.
Ce qui m'attire le plus en toi,c'est ton silence,rien ne m'est plus insuportable,rien ne m'es plus odieux qu'une femme qui parle.
je n'aime pas les femmes qui pensent,celles qui ont une opinion,un avis,les femme intelligentes. Elles sont laides et ennuyeuses.Et en général,une femme qui commence à parler,ne sais jamais se taire.
Un certain poète du nom de Beaudelaire a dit un jour:
"Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste."
idée à laquelle j'adhère complètement!
des fois assi sur cette terrasse , je me demande si c'est moi qui observe le monde,ou si c'est le m0nde qui m'observe,si c'est moi qui me joue de lui,ou si c'est lui qui s'amuse de moi,et que ne fûs ma gêne quand un de ces jours,dans les trois tables on parlait de moi,et de ...toi...les gens trouvais bizzare mon attitude,j'étais le sujet d'ignobles plaisanteries,on y voyais des obséssions cachées,des frustrations... une autre preuve inconditionnelle de la bêtise humaine, à laquelle toi seule a su encore échapper!
te regarder est un plaisir , te regarder est mon ultime plaisir ,pour moi,tu es la perfection incarnée.
Alors,si on juge qu'aimer une statue est anormal, et si le juge est à son insu le père de l'absurde et de la folie; je veux bien être anormal, je revendique ce privilège,et je m'en réjouis.

21 commentaires:

samab a dit…

ton pouvoir si grand se retrouve réduit du fait de la grandeur du monde que tu réduira en un simple café pour étaler ton royaume,
si fortes expressions mais aussi cette rivière qui coule sans le moindre obstacle ,à lire entre les lignes venus gagne plus de charme, un texte unique comme ceux qui le précèdent.
cet amour envers la solitude ,l'observation ,ce sentiment d'être sortis de ce courant qui mène les autres à la chute ,ce tourbillon qui fait ravage dehors tandis que toi tu es sur cette chaise tranquille tachant de garder endormie ta propre colère .un plaisir a lire
merci

Guerbouz a dit…

Une loge au théâtre des hommes

Dayzin a dit…

C’est une habitude, me l’ayant stylé sur ce blog, que de me retenir de commenter. J’avertis donc mes doigts et mon clavier pour ne dépeigner ces royales fibres de mots soigneusement polies.. Mais là c’est plus fort que moi, Je dois au moins dire que c’est TRES BEAU.. o daba illa bgha itche3kek, itche3kek ! :)..
Bravo Selma !

Larbi a dit…

Rien à dire Selma
Je te l’avais déjà dit : y a une belle musicalité dans tes écrits.
Femme continues à parler :)

Toute façon je dois me méfier de tes billets : Ils me rendent la mélancolie bien sympathique !

alors .... un autre bravo de chez moi :)

khanouff a dit…

Salut toi, j’ai été plusieurs fois sur ton blog, et j’apprécie toujours, et si je ne laisse pas de trace c’est que ces temps la le cœur n’y est pas vraiment, et je ne peux me laisser aller dans les commentaires que pour certaines choses, bien que et comme d’hab. tu excelle…:)
A plus

Mchicha a dit…

Sbahlkhir ...

au fur et à mesure que je lisais .. je me sentais toute bizarre .. j'avais mal au coeur .. mes yeux regorgeaient de ptites goutelettes je souriais bêtement .. Ah lala !

si je te dis que de toutes les boissons c'est le café qui me grise le plus .. ce ne sont pas seulement les papilles gustatives qui se delectent ou encore les synapses qui en profitent .. c'est tout mon être .. tout
De tous les arts c'est la sculpture qui me passionne .. qui me transperce le plus .. toucher .. sensualité .. grâce .. courbures
t'as les yeux .. les mains .. le coeur qui sillonnent chaque détail .. les lèvres qui se mordent .. l'extase !

alors inutile de te murmurer
( amoureuse .. de tes mots .. ta sensibilité profonde .. ta mélancolie subtile délicieuse ... )

une dernière chose : BEAU CHOIX MA BELLE!

Je te fais un gros gros calin bien chaud ;)

Chighaf a dit…

Selma
Tu sais ce que j'ai envie de faire?
de re-enlever mon billet:-(
Et tu oses me dire que tu amies mes écrits!
Sincèrement, et pas pour te jeter des fleurs, ce texte est magnifique, intelligent, bien écrit, qui nous absorbe.
Enfin je ne sais pas quoi te dire
Unique, Samab avait raison

Foulla a dit…

mais comment fais tu ?tu es a consommer avec moderation ou alors gare a la dependance..
Docteur,help,i'm addicted .
UN GRAND BRAVO AVEC UNE GROSSE BISE ET UN WARM HUG.

Foulla a dit…

chighaf,ton commentaire m'a fait sourire..merci;)

Bsima a dit…

:) Selma, tu resteras toujours clle qui va au fond des choses et qui l'exprime avc baucoup de finesse, de poésie... Tes écrits sont doux a lire, subtile pour l'esprit... Un mélange grisant... Merci...

P.S: j'aime pas le café... Le thé ca vous dit!!

selma a dit…

>samab:le déluge,et lui qui essaie de nager à contre -courant,il essaie,il essaie,peut-être il n'y arrive pas,ou peut-être est il trop lâche,il baisse les bras,se met en retraite,se construit un monde à l'intérieur du monde,a t il bien fait?,fuir la réalité est une solution?,là est la question; du plaisir à te lire toi aussi,où es-tu?
>Guerbouz:avarice,avarice,qu'on tu nous tiens,n'est ce pas guer,je souhaite que tu devellope ton idée,je sens que c'est très intéressent,:)

selma a dit…

>dayzin:le roi de la paresse,:)
très touchée,je t'assure,wlli bgha ytche3kek,ytche3kek...:)

>Larbi:moi aussi je commence à me méfier de mes récits pour les mêmes
raisons,...:)
merci pour tes encouragements,Larbi,merci

selma a dit…

>khan:je te comprends,je te comprends,à bientôt
>mchicha:froid/chaud,décide toi enfin,moi j'y perd mon latin,
:)
PS:je prends jamais de café,du thé noir ou vert,avec un nuage de lait si noir ou une rondelle de citron,et sans sucre!

selma a dit…

>chighaf:tu sais ce que j'ai fait lorske j'ai lu ton comment,tout droit sur ton blog,pour relire ton billet,mais sur qui je tombe en route,ou plutôt qui me fracture la tête dans une spectaculaire collision,je te le donne en plein mile,FOULLA,eh oui,zham chez toi!:)
bravo Chighaf,très impressionnant!
>Foulla:tu veux que je help you,et je fais comment maintenant avec cette énorme bosse sur la tête,tu sais,binatna,je veux ke tu reste addicted,suis michounte,:)

selma a dit…

>Bsima: quand tu veux,darling

Mchicha ;) a dit…

nass thé noir avec un nuage de lait ;)
c'est très bon .. je confirme et adhère quoique l9hiwa hia l9hiwa !

sinon pour le climat eh bien ..
là où il ya le froid .. il y'a de la chaleur .. awla ?

big bgig hug ;)

Mchicha a dit…

Amour .. amour
et puis amour ;)

BOUSSA KBIRA ...

Guerbouz a dit…

Désolé sel,
J'arrive pas a faire des §...
Je sens que tu as compris le lien entre ce poste et celui dans le lien...
Tais toi, Guerbouz. (a lire en arabe)

Youness a dit…

Rien à rajouter par rapport aux autres commentaires, un récit plein de symboles quoique je préfére le titre: "Café des désirs".

Foulla a dit…

michounte mi ze t'ime.
un lien pour toi.vas y,tu y trouveras ton post
http://www.globalvoicesonline.org/2006/02/15/valentine-and-the-u2-in-the-moroccan-blogs/

Mchicha a dit…

y'a tit trésors sur la blogosphère .. fais un tour .. tu ne le regretteras point !
http://lhlka.blogspot.com (Hajitek)

big hug lzzin diali ...