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vendredi, octobre 20, 2006

errance musique (2)


Dans ce post , je voudrais célébrer un musicien,Paco de Lucia, le maître incontestable de la musique flamenca , ce monsieur me fait rêver depuis si longtemps, ses compositions ont toujours bercées ma vie,le son de sa guitare a fait partie de mon enfance.
Quand j'écoute Paco de Lucia aujourd'hui, je voie Mathilda , ma " Tilda" , à coté de Lahcen dans ce vieux pick up Mitsubishi , "Tilda" fofolle et si rigide à la foie, qui m'obligeait à m'asseoir à la banquette arrière , et s'emparait d'un air directeur du radio cassette,"Tilda" qui mettait Paco malgré les protestations chaleureuse de notre chauffeur ,ardent admirateur de fatna bent lhoucin et raissa taba3mrant,le vieux Lahcen qui m'a transmis ce goût musical ,à travers les années,les voyages, et les kilomètres de route, "Tilda" qui demandait à Lahcen de rouler plus vite,encore plus vite, qui montait le son plus fort,très fort, et me faisait sortir la tête par la fenêtre,

"attrape le vent, attrape le vent", ne le laisse pas partir, il file entre tes cheveux,il file entre tes doigts ,attrape le vent"

"Tilda" qui jeunait le Ramadan par solidarité,"tilda" qui adorait se teindre les cheveux au henné ,"tilda" qui collectionnait les lapins en peluche,"tilda" qui classait à merveille les dossiers ,"tilda" qui portait souvent un pull over en laine rouge,"tilda" qui ne vivait que pour ses plaisirs... tante "tilda" qui m'a fait découvrir Paco de Lucia!
Quand j'écoute sa musique, je voie Imane avec sa robe de gitane que toute les filles enviait, y compris moi même, Imane qui m'avait promis de me la prêter un jour, sa robe petit-pois rouge, cerf-volant, au miles volants, pour que je puisse m'envoler haut, très haut, Imane est parti, et moi j'ai grandi, la robe s'ennuie seule, mais Paco de Lucia est là...
Quand j'écoute sa musique je me vois au nord, avec le bleu à l'infini, et ce chocolat de contrebande qui me donnait des irruptions, je vois cette queue interminable devant le vendeur de "churro", et le sable, et le sable, et l'or sous mes pieds! Je vois Chaouen, j'aime cette ville, innocente, hésitante, perchée entre ciel et terre, j’aime ses cafés.
Quand j'écoute sa musique je rêve de Cordoue, de Séville, de l'Alhambra, de l'Alcazar, de ces fabuleux jardins, de ces pans de notre histoire, je rêve du jour où je les foulerai de mes pas, et là je pourrai peut être apprivoiser le vent de "tilda".
Quand j'écoute sa musique, je ferme les yeux et des fois je pense à mes déceptions, la guitare me console, les vibrations des cordes caressent mes tympans, et les castagnettes dansent dans ma tête pour me redonner envie de les ouvrir, de respirer et de continuer.
Souvent quand j'écoute Paco de Lucia, je rêve des petits bonheurs de la vie, je rêve d'enfants, de famille, de tendresse, de parents, d’amies et mon coeur mariné au sirop d'amour est si lourd, si lourd à porter.
Quand j'écoute la musique de Paco de Lucia, je me sens légère et j'ai envie de vie.













vendredi, octobre 06, 2006

voilée



-Voilée- Carmen Manno




Un jour, un de ces jours sans matin ni nuit,
Où les rêves prennent soudain forme, prennent vie
Où remuent, se réveillent les folles envies,
Et à jamais s’endort, se meurt l’infatigable ennui

Sous les jougs pesants de l’aube naissant
Succédant aux hospices du défunt crépuscule
Dans un désert infini au vide saisissant,
Que le ciel enveloppe de fastueux tentacules

Roumi le beau, Roumi l’esthète,
Roumi l’aventurier,
l'inventeur savant

Roumi lancelot, Roumi le brave,
Roumi le chevalier
Le sauveur conquérant

Explora les bouts de ces contrées perdues,
Encore à sa mémorable mémoire inconnues
Sillonnant, dévalant, sans halte, sans nul repos
Grattant le sable, traître toile, de ses pinceaux

Mais en lointains souvenirs se muent les traces
D’un geste violent, une tempête, le vent efface
En cœur, des entrailles du désert faisant surface
Les scorpions chantaient riant, raillant l’impasse

Ses animaux, chameaux, chevaux d’acier et de fer,
Avaient troublé la paisible quiétude de ces lieux .
Et de ce même insolite élan, les rumeurs passagères
Ont alerté voilée, la déesse régnant sous ces cieux

Elle apparut, sublime, majesté sans digne émule
Noyée, engloutie dans son océan de voiles,
Dont les vagues, sur son gracieux corps, ondulent
Naufragée, le pas agile, confetti d’étoiles

L’œil miel, saphir, caramel,
Planté sur les rives de sa peau couleur de dunes
Hâle safran, senteur cannelle,
Brillant des milles feux que les mortels adulent

Voilée s’approchât de roumi au teint livide,
Croulant sous le charme de la belle numide
Soudain il succomba, et rendit ses armes
Dans un coffret, toutes les clés de son âme

Voilée, errer dans ton royaume est fantastique aventure
Même magique, si angoissante est la mystique nature
Vis, fleuris, éclate ces chaînes millénaires
Renaît des décombres de tissus séculaires

Souveraine de mes désirs, digne héritière maure des reines,
De Nubie et d’Egypte, je suis ton esseulé, enlève moi
Que ce silence soit déchiré des résonances de nos émois
Mon convoi, mes vivres, belle, mêmes mes peines,
Ensevelis les tous sous le sable brûlant de tes plaines

Intrépide aventurier, ici mon hôte, noble Roumi
Dont j’ai longtemps ouie dire de l’immense génie
Le silence pour ton serpent age est mon unique prix
Ta sagesse n’en deviendra que des plus accomplie

Sache qu’au bon sens du temps, nul lien ne survit
Que les chaînes vétustes sont les sentiers de l’infini
Sous le sable tu trouveras enterré le secret d’une trinité
Ce secret est le chemin de liberté, plénitude, éternité

Si tu cherches sous l’épaisseur des plis, ou des voiles,
La silhouette, le ravissement, les courbes d’une femme
Tu ne trouveras derrière ces vapeurs ni femelle ni male
Mais un esprit philosophe, florilège de pensées banales

La toile fait éclore, jaillir l’essence de l’être,
Donne une voix puissante, transcende le paraître
Elle enchante et séduit, au subtile elle suggère
Éveille les sens, bannit l’ennui surtout l’éphémère

Au centre du monde, ton œil est ton cœur,
Ta vérité est ton salut, et lui l’éclaireur
Dans le désert, les sans –cœur sont aveugles impurs
Le voyant, l’âme sage, s’extasie de la verdure

Ouvre toi à la communion de l’esprit,
A sa pureté, à son langage
Engouffre toi dans les ruelles de l’éternel,
Loin des plaisirs volages
Suis- moi, dans ta quête je serai douce compagne,
Je descellerai une à une, les portes de ton âme

lundi, août 28, 2006

à Green



-le talisman bleu- Ahmed Cherkaoui


ton poème est magnifique,et il serait indigne et ingrat de ma part de le laisser errer au sein des commentaires,j'ai choisi de partager,à mon tour, le plaisir de le lire,et le relire , merci pour tes mots,et merci pour le partage,je me suis permis de l'accampagner d'une illustration,un tableau qui m'intrigue,j'éspère que tu apprécieras si tu es à nouveau de passage en ces lieux


Le Bonimenteur


De mon âme candide, un frisson idiot.
Se plait, avide parleur d’être stupide.
Poète à ses heures le cœur ballot,
De ne s’étancher qu’en la cristalline peau,
Des lèvres limpides de la belle numide.

De mes abysses ivres déferlent des mots.
En quête unique de feuilles écrites,
De lettres mortes charriées aux gré des eaux.
D’océan de flots où dérive mon radeau,
Vers ma sirène et ma baie interdite.

A sillonner tour à tour de l’îlot
Jamais je n’y jetterai mon ancre
Pour gravir ses falaises en assaut
Affreux destin de matelot,
Sans vaillance et sans exploit pour les chantres

Aucune vague à surmonter
Aucun écueil où s’abîmer
Héros perdu dans sa brume
A chercher son étoile
Il n’y a que le vent qui le hume
Sans phare, dissipé dans les voiles

Et cela les eaux l’avaient su
Dans l’orage le ressac n’a de cesse de conter
Sur les plages et par devant les rivages
Dans son chant morose et monotone
La destinée des fous étourdis, éperdus

Green

samedi, août 19, 2006

désillusion



Bernard Noel - illusion _désillusion -


S : je ne veux plus écrire,et ne me demande plus pourquoi !

S' : pourquoi

S : je ne sais pas

S' : lâche, lâche, piètre joueuse, tu te recroquevilles encore, tu te caches derrière le paravent de tes mots, ta seule arme, même ennuyée des mots, tu compte toujours sur eux pour te protéger

S : de qui, … de toi

S' : de ton ego … tu me déçois…waw S, enfin tu as trouvé un adversaire à taille,… ton ego…as-tu peur de le briser,as-tu peur de l’humilier, as-tu peur d’une victoire cette fois, cet ennemi est si différent n’est-ce pas , tu es terrifiante, mais tu baisses si vite les bras, que je n’ai plus nul plaisir à suivre ta lutte , à t’observer, tu ne t’acharne pas, tu ne sue pas, tu ne veux pas saigner, ton combat est d’une telle mollesse...tu me déçois…

S : non, non, et non,…pas ce petit jeu

S': pourquoi ne veux tu plus écrire

S : désillusion

S': et encore

S : désillusion

S': c’est tout

S : oui

S': pourquoi

S : tout ce qui se passe, ces guerres, ces morts…ces images, cette violence…je ne veux plus continuer à mentir, à me mentir, je ne veux plus continuer à parler des rossignols perchés sur les arbres, des coquelicots dans les champs, des sérénades de Roméo sous les fenêtres de sa Juliette , ça ne serre plus à rien , tu comprends N, aucune espèce d’utilité, je n’y crois plus…c’est tellement affreux, horrible, douloureux, vrai , que même le plus gracieux des mots ne réussira point à camoufler le paysage, maquiller la vérité , à créer l’illusion, rien, tu comprends…mes mots sont vides, creux, insensés, mes mots me dégoûtent , ils sont fades, incolores, inodores, mes mots ne me font plus rêver tu sais ,que vais –je dire maintenant, ce que nous savons tous, dénoncer, me lamenter, je ne veux plus parler des malheurs de ce monde, on s’en moque…le temps des silences est venu

S': et alors

S : je me tais

S': trop simple, tu n’es pas convaincante !

S : je n’ai rien à rajouter

S': tu me fais rire, la guerre au Liban et l’indifférence générale t’ont donc tellement démotivée ! Pourquoi écrivais-tu auparavant ? Pour la paix dans le monde ? Pour que les rossignols chantent mieux ? Ou alors était-ce pour quelque fortune ou gloire auxquelles tu aurais renoncé en solidarité avec ces belles libanaises ? Ah S , pour avoir vu des hommes et des femmes aux différentes couleurs je peux te dire que tu approuveras la moitié et renieras l’autre, que depuis que le monde est monde il ne s’agit que d’une course de rats. Que des espagnols aient massacré des aztèques, que des américains aient massacré des
indiens, que des nazies aient massacré des juifs, que des turcs aient massacré des arméniens ,que des anglais aient massacré des indous, que des français aient massacré des algériens , et que de ton vivant, des russes aient massacré des russes, des irakiens aient massacré des chiites, des serbes aient massacré les bosniaques, des hutus aient massacré des tutsis. Ne savais-tu donc pas tout cela ou est-ce les libanais que tu aimes tellement ? Ou alors attends-tu la fin de cette guerre pour te remettre à louer la beauté, parce que cela convient mieux en temps de paix ? Ton silence est ta solidarité ?

S : c’est tout

S': c’est beaucoup

S : (sourire) c’est trop difficile pour toi , il s’agit de moi , et en « moi », tu n’es que novice, a- tu compris qu’il s’agit de moi S', as-tu compris que je ne veux plus être ce que je suis, que je ne veux plus continuer à vivre dans la quête de l’illusion , que je ne veux plus faire vibrer mon utopie par les mots, ce dont je parle n’existe pas, rendons-nous à l’évidence, la beauté, la bonté, la justice,l’égalité, la fraternité, l’innocence , la liberté , la pureté, la paix, sont de belles utopies,… tu ris,… on le savait ,… je sais, la différence est que maintenant , on a plus le droit d’en rêver tellement c’est absurde, c’est ridicule…S', on tue l’enfant S', tu comprends, on tue l’enfant, et moi je veux tuer celui qui végète en moi, je veux l’étouffer, l’assécher, c’est lui qui écrit, qui s’invente ses mots, ses phrases, son monde idéal…je ne veux plus que mes mots vernissent ce que je vois , je veux devenir une brute pour vivre dans ce monde de brutes et ne pas me laisser écraser comme un minable insecte, je ne veux plus cultiver ma sensibilité, la laisser fleurir ici et s’épanouir, j’ai découvert que c’est une plante vénéneuse , alors j’ai trouvé dans le silence le plus noble des poisons !

S' : c’est tout...se radicaliser, c'est ça ta solution!

S : oh S', j’ai écrit, j’ai crée, tout un monde virtuel , je suis parti à la recherche d’autres spécimens de ma race, les écoeurés, les dégoûtés , les esthètes , ceux qui veulent se noyer , se soûler dans les mots, loin de la réalité, ceux qui trouvent que ce monde comme il est n’est pas assez bien pour eux, n’est pas digne d’eux , ceux qui sont conscients qu’ils sont trop supérieurs pour accepter d’y vivre, ceux qui valorisent les valeurs, qui rendent précieuses et glorieuse les causes, qui se donnent la peine d’y croire malgré tout , ceux qui réfléchissent, ceux qui veulent rêver…même en virtuel , je les ai tous invités à en faire partie , une île sur la toile !

S' : et là que tu les a trouvés, tu les abandonnes, tu les chasses, tu fuis

S : j’ai trouvé le réel en miniature, j’ai trouvé les bons, les droits, les sages , les sincères , les intellos, les intelligents, les progressistes, les bons joueurs, les bons farceurs, les drôles,les esclaves des mots, les fanatiques de l’illusion, ces beaux rêveurs, ces excellents mélomanes, des artistes, et les audacieux, les hardis, j’ai trouvé les hypocrites , les voleurs , les singes , les perroquets, les pitres, les superficiels, les frimeurs, les assoiffés de gloire , les fous, les trop sérieux, les m’as-tu vu , les m’as-tu lu , les prétentieux, les donneurs de leçons, les faux poètes , les faux journalistes, les faux docteurs, les faux libres , les faux engagés, et les apprentis terroristes, les bébés obscurantistes …mais rien de bien méchant…et tous très joyeux , j’ai su que l’écriture n’est pas le propre , l’insigne, le blason de ma race !

S': et toi

S : moi

S' : où es – tu dans tout ça, où te situes-tu ?

S : au carrefour, désorientée, déboussolée, moi je suis un peu de tout ça , je ne suis personne et je suis tout le monde, je n’ai aucune étiquette, mais sur mon dos , tu peux coller toutes les étiquettes , en fait finalement, ce que j’ai eu c’est une imperfection atténuée du monde, moins aigue, moins dure, moins vulgaire , plus supportable,plus douce, plus esthétique pour m’exprimer comme tu aime, ce que j’ai eu c’est le reflet de mon imperfection…un écho…ce que j’ai su, c’est que je fais partie du système et que je contribue à ériger ce système que je fuis, ce que j’ai su, c’est que je suis dans un tourbillon auquel il est impossible de faire face !

S': tu es l’incarnation de cette imperfection tu sais, tu es la coupe où se mélange le tout, et ta manie de juger, évaluer, remettre en question, le tout, à commencer par toi-même m’énerve… ah …ce que tu oublies vite…te rappelles tu ce que tu m’as dit un jour en riant, avec assurance, pourquoi écrire ? Pour s’exprimer, pour partager avec les autres des mots et des maux,révéler la beauté là ou elle est cachée, trahir l’authentique, le dépoussiérer, l’astiquer et l’exposer fièrement comme un magnifique objet d’art , gratter la rouille , le rendre luisant, scintillant, rendre le banal magique et le beau formidable, exorciser ses peines et ses doutes, libérer ses pensées. Waw avais-je pensé, envoûté par ta voix, un être supérieur, T’en rappelles-tu, de tout ceci, tu disais que la poésie réconcilie les cœurs, la sensibilité aide les paumés, le verbe est un don de dieu, le pouvoir de mélanger le miel au beurre, et qui es tu pour interdire le rêve, qui es tu pour te priver du rêve ! Enfin, aurais-tu perdu la foi ?

S : non, ma foie est bien plus grande que moi, elle me dépasse, elle est si profondément enracinée celle là, la désillusion n’y peut rien, je ne crois plus en la force du mot, c’est tout

S': Ce que je vois, c’est qu’il te manque un ingrédient essentiel : ne pas se prendre au sérieux, arrête de prendre au sérieux des choses qui ne le méritent pas, arrête de te prendre au sérieux, papillonne, prends du plaisir à ce silence vivant dont parle ce cher suédois que tu n’aimes pas. L’écriture en est la forme ultime.

« Mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

« Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui
construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant. »
Crache ta désillusion

S : et l’ennui

S': tu ne sais pas cracher, alors apprends à le faire, ça te permettra de te débarrasser de l’ennui pour un moment !

S : (sourire) : soit

dimanche, juin 18, 2006

le temps des silences



Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi sur ce banc je m’abreuve des silences, aujourd’hui c’est le temps des silences, je tire de mon sac un miroir, losangique, au cadre d’ivoire, je contemple, et je m’apprête à accueillir les plaisirs défendus,les souhaits entretenus,un rêve.

Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi je voudrais t’entendre rire,je voudrais suspendre sur tes lèvres un croissant de lune,le renverser et bien l’aplatir, je voudrais planter dans tes pupilles des rayons de soleils, et de petits astres couleur vermeil , je voudrais napper tes cils d’un sirop bleu azur, qu’il dégouline dans chaque échancrure, je voudrais semer sur ton corps de la poudre d’étoile,et des grains de neige de la blancheur des voiles, je voudrais fendre tes cheveux d’un oeuillet, d’ une jonquille, pendre à ton cou un collier de coquilles , je voudrais t’habiller d’un velours de nuages, cintrer ta taille par des roses en corsage, y épingler des clés de sol , de fa , dans le creux de ta main, dessiner un panda !

Aujourd’hui, c’est le temps des silences,

Et moi je voudrais t’accrocher des ailes en carton , t’enlever de ce monde de glace, t’emmener sur la place, glisser sur un arc en ciel, en jouant des timbales, puis te conduire au bal , te faire valser,danser , le tango, la rumba, le paso , la salsa , que tu te libères de mes bras, que tu tournoies, en pirouettes, girouettes, que tu redeviennes gamine, et que je puisse t’acheter de la barbe à papa , je voudrais que tu devienne folle enfin , que tu chantes , que tu joues , que tu farces , que tu m’accompagnes sur un tapis volants, que tu me racontes tes secrets affriolants !

Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi je voudrais te choisir un autre jour, remonter le temps, restituer ton enfance, ton adolescence, laver dans chaque coin les débris de souffrance, effacer tes minables peines, éponger les ridicules tourmentes, sécher de mes mains les imbéciles soucis, et te laisser savourer ta gloire, déguster chaque bouchée de ce bonheur chocolaté, le garder longtemps sous ta langue avant de l’avaler, et surtout intensément t’en délecter !

Aujourd’hui c’est le temps des silences,

Et moi je me laisse gagner, rattraper, éteindre, consumer par les braises du silence, ce sont mes cendres qui te parlent, ne m’implore plus, ne me supplie plus, en moi, n’est puissante que l’impuissance. Demain, coulera dans tes veines la terrifiante mixture, dont le terme savant est chimiothérapie, sur toi, paraîtra haillons, la plus belle des toilettes, la plus somptueuse des parures. Demain, tu auras mal, tu seras vulnérable, chauve, laide, pâle, maigre, tu n’auras plus de jambes pour sautiller, plus de voix pour piailler, mais sache valeureux, doux reflet que ce supplice est nécessaire pour garder un souffle de vie, des restes de splendeur, un battement de cœur !

Demain c’est le temps des silences,

Et moi je n’ai plus la force, le courage de vouloir, je ne peux que te gratifier d’un affectueux baiser d’adieu, en souvenirs des anciennes réjouissances, oui demain c’est le temps des silences, dis , doux reflet , quand reviendras – tu, sur ce banc, sous ce réverbère, sur ce miroir !

vendredi, juin 16, 2006

waw...waw...waw






Birds flying high
you know how I feel
Sun in the sky
you know how I feel
Reeds driftin' on by
you know how I feel
It's a new dawn
It's a new day
It's a new life for me
And I'm feeling good

Fish in the sea
You know how I feel
River runnin' free
You know how I feel
Blossom on the tree
You know how I feel
It's a new dawn
It's a new day
It's a new life for me
And I'm feeling good

Dragonfly in the sun
You know what I mean
Butterflies all havin' fun
You know what I mean
Sleepin' peace when day's done
That's what I mean
And this whole is a new world
And a gold world for me

Stars when you shine
You know how I feel
Scent of the pine
You know how I feel
Yeah, freedom's mine
And I know how I feel
It's a new dawn
It's a new day
It's a new life for me
And I'm feeling good

samedi, juin 03, 2006

inconnue


Venise inconnue - Carmen Manno -


Qui es- tu?
Des lointains abysses de ton âme;
S'élevait une ténébreuse cantique
Se drapant d'un voile de flamme;
Elle sourdait tel un chant gothique
Qui es-tu?
Délicieuse sensation, plaisante tentation
De t'abandonner à ta souffrance ,
Se réjouir de mon insolence
En ce plein et magnifique désarroi ,
Sentir toute la puissance de l' offense
Hélas,il subsiste toujours,aux tréfonds d'une femme
Quelque part dans les moisissures de ses âmes
Un quart de pitié,un brin d'indulgence;
Contre la torture,une certaine répugnance
Ainsi vint le temps de miraculeusement t'offrir,
En te laissant tout simplement découvrir
Dans tes tumultueuses abîmes mêmes,
A la fragile,la vaine;la bête question ,
Les milles,uniques affirmations...
...Oui,...ces lourdes révélations...
Et de ton désappointement,malicieusement
Se réjouir , de cette noble douleur , s'orgueillir
Eh, toi ,l'homme,qui de sa voix grave,entonne
Sans cesse;sous ces cieux sereins,la fatigante litanie
Shut... Voici,...voilà...ma réponse...
Je suis la gardienne de tes sens
Cette fleur,qui pousse, dans les cavités de ton coeur
Que tu arrose,délicatement,de la pourpre liqueur
Qui s'éclot,et t'enivre ,de ses enchanteresques senteurs
Affolé,tu te pâmes,tu te perds,dans cet univers de fraîcheur
Je suis cette lettre sensuelle,qui , se déhanche,
Frivole, fatale , sous l'encre de ta plume
Je suis cette banale voyelle , qui te lacère la gorge
Jusqu'au sang , jusqu'au rhume
Je suis cette larme sentinelle , qui te martèle l'oeil,
Qui te pique , sans nul enclume
Que tu ne veux point laisser couler,car de ta majesté,
Subtilement, elle te déplume
Je suis cette goutte de sueur perlant sur ta tempe,
Les mélancoliques matins de brume
Je suis ton ombre,si frêle,légère,mais qui te colle
Comme la plus ancestrale des coutumes
Je ne suis qu'une méchante sangsue
Qui sous les apparences d'une nymphe,odalisque,fée
Te pompe goulûment,.. La vie... sans retenue
Je suis...je suis...je suis...tellement
Que je ne m'en souviens plus

samedi, avril 29, 2006

feelings


Il y a des moments dans la vie particuliers
Il y a des moments dans la vie où vous sentez,comme ça où vous arrivez à un carrefour crucial, il y a des moments charnières, où vous vous rendez compte que vous êtes en train de tourner la page,que vous devez céder la place à un autre vous pour prendre les rennes de votre existence,il y a des moments comme ça ou vous jettez un coup d'oeil à votre passé,ou vous vous baladez dans votre ville natale, pour voir que la maison où vous êtes né a laissé place à un immeuble cinq étages,que la clinique où vous avez poussé votre premier cri sera démolie à la faveur d'un gigantesque proget hôtelier,où vous déplorez ces miettes de votre mémoire d'enfant qui s'effritent; ou vous rentrez tranquillement chez vous,là ou il y a cette couleur ocre qui vous rassure tant, où vous vous dirigez spontanémment vers la mer,dans cette ville sans mer,mais vous,seul,dans ce coin,près de ce bassin d'eau,vous percevez toute la grandeur de l'océan,et vous vous sentez déjà tellement vieux du haut de vos 23 ans,ces instants là ou vous commencez déjà à imaginer vos 30 ans,vos 50 et vos 70ans.ces moments là où vous allez quitter définitivement les bancs d'une faculté,certains de vos amis,de vos connaissances,où les routes se séparent,où des milliers de scènes,de souvenirs se bousculent dans votre petite tête,et vous sentez cette chaleur qui monte en vous,vous êtes fière de vous,de votre jeunesse,de votre beauté,de votre brillance d'esprit,vous êtes heureux,malgré cette angoisse qu'il y a en vous,cette crainte de la responsabilité,des charges,que vous allez devoir assumer dorénavant.Une fenêtre est entrouverte,vous faites appel à tous vos dons de voyance,de clairvoyance pour essayer de tracer votre destin futur, exténué,vous baissez les bras, laissez tout au hasard; et vous terminez par des espérances !

mercredi, avril 05, 2006

à toi


Fadi,
je tenais à te rendre un dernier hommage, ici.
Tu es le bloggeur qui a eu le plus d'impact sur moi, qui m'a vivement encouragé au tout début de cette aventure, et c'était pour moi, à chaque fois, un réel plaisir et honneur de correspondre avec toi à travers ce blog, aujourd'hui,tu nous as quitté, pour un monde meilleur, peut-être celui dont tu rêvais, brave citoyen, patriote, soucieux du devenir de ce pays,et des maux de cette jeunesse, en tout cas, tes idées , cet esprit Fadi illuminera toujours la blogma.
Adieu

jeudi, mars 30, 2006

dernier espoir





Il est un arbre au cimetière
Poussant en pleine liberté,
Non planté par un deuil dicté, -
Qui flotte au long d'une humble pierre.
Sur cet arbre, été comme hiver,
Un oiseau vient qui chante clair
Sa chanson tristement fidèle.
Cet arbre et cet oiseau c'est nous :
Toi le souvenir, moi l'absence
Que le temps - qui passe - recense...
Ah, vivre encore à tes genoux !
Ah, vivre encore ! Mais quoi, ma belle,
Le néant est mon froid vainqueur...
Du moins, dis, je vis dans ton coeur ?


Paul Verlaine (1844-1896) : Le livre posthume

mercredi, mars 01, 2006

Scott (3)


l'éxode - Samab



Cet homme m'inspirait de la méfiance, je ne comprenais absolument pas comment on pouvait être aussi désinvolte, et sérieux à la fois. je voyais en Scott,en l'humour de Scott,en l'errance de Scott,un homme qui traite la vie comme un Monopoly,qui se joue d'elle comme elle se joue de lui,mais j'étais aussitôt surpris par ses idées .Mon professeur était un adepte de l'apprentissage ludique,un jeu,appelle une citation,qui initie un débat,nous essayions au début d'exprimer nos opinions en anglais,mais les discussions s'enflammaient rapidement ,que l'anglais aille au diable,un marocain sur ces nerfs,dans les quatre coins de la planète,parle toujours en Darija,quelque fois,l'égyptien prenais le dessus,pour que Scott puisse bien suivre la discussion. Ce monsieur s'arrangeait toujours pour centrer le débat sur de grandes questions existentielles, spirituelles, sous prétexte de partager ses plaisirs de lecture" soufi", certaines de ses citations trotte encore dans mon esprit :

« on ne peut créer l'intuition intellectuelle là où son absence est dans l'essence de l'individu, mais elle peut être actualisée là où son absence n'est qu'accidentelle, sans quoi il serait insensé d'en parler. »

« Il est possible que des intelligents acceptent l'erreur, il doit être possible également que des naïfs acceptent la vérité. »

« L'intelligence n'est belle que quand elle ne détruit pas la foi, et la foi n'est belle que quand elle ne s'oppose pas à l'intelligence. »

Parallèlement à cet engouement pour le soufisme, il développa une sainte horreur pour la psychanalyse, les théories de Freud, qu’il trouvait complètement farfelues, ayant comme dessin sournois de noyer Le repère, aller savoir pourquoi !
Le repère, ce mot était présent en filigrane dans le discours de Scott, sans qu’il réussisse à en donner une claire définition, c’est pour lui un magma de valeurs, d’idées, de croyances fixes, qui doivent épargner à la personne toute gymnastique intellectuelle à propos de sa vie, du pourquoi des choses, qui doivent la guider, lui dicter une conduite, mais ce que Scott cherchait, c’était la nature du repère !Scott se rendit dans les zaouïas Tijania, et Boudchichia, il était en cours de conversion à l'islam.
Ce grand blond aux yeux bleu azur, au regard enjoué joueur, avec ce blue - jean étriqué qui donnait l’impression d’avoir mené toutes les grandes guerre de ce monde, ce sac à dos vert qui ressemblait à une caverne d’Ali Baba, d’où s’échappait à chaque séance un objet mystique, une pipe, du swak ou un rasoir électrique, car Scott se rasait toujours en classe, il n’avait pas le temps de le faire ailleurs ! Cet homme était l’objet de ma curiosité, mon amitié avec Scott, nos grandes conversations, nos querelles d’opinion, m’ont permis de mieux me comprendre, de savoir que moi j’avais ce grand trésor que Scott convoitait goulûment, Le repère, quatre vérités toutes simples, bien faites, bien ancrées dans ma petite tête, qui tracent jusqu’à ce jour mon chemin de vie, et qui font que je n’ai jamais eu la moindre envie de changer mon nom, mon style de vie,mes principes, ma foie,ou même de quitter Fez, mon antre.
Grâce à Scott, je suis devenu conscient de l’importance de l’héritage, de toutes ces accumulations de réflexions que nous ont légué nos ancêtres, cette pensée qui a évolué, a été affinée au fil des siècles. Grâce à Scott j’ai réalisé l’importance de la valorisation du passé, et le danger de rester prisonnier du passé, grâce à Scott,j’ai senti l’intérêt qu’il y a à aller vers l’autre , car enfin,peut-on vivre sans l’autre,et l’autre peut-il vivre sans nous !
Scott a quitté le Maroc, voilà deux ans, avant de partir, nous déjeunâmes ensemble, chez moi. Il prévoyait de rentrer définitivement aux états- unis, il avait passé quatre ans à Fez, où sa dent de sagesse a brusquement fait irruption, disait-il en riant.
Depuis, j’ai reçu deux cartes postales de lui, dont les timbres constituent les joyaux de ma collection, une de Djibouti, et une autre de chine, où il s’extasie de la sympathie des moines tibétains, il faisait grand cas du bouddhisme.
De temps en temps, je pense à lui, et un sourire se dessine sur mes lèvres en imaginant Scott gourou d’une secte, Scott aura un jour ses scottiens, qui sait!

dimanche, février 26, 2006

Scott (2)


Vue des tanneries de Fez



Roman déboursa une coquette somme pour satisfaire cette nouvelle lubie, car Scott avait fait une promesse, le retour, à la raison, au pays est proche!
une semaine à Casablanca fût suffisante pour qu’il s’en fasse une opinion,Scott se rendit compte tout de suite de la différence,cette ville n'a rien d'orientale, elle ne sent même pas l’épice,c'est une piètre reproduction de ces villes européennes,une parodie de l'occident,d'une tristesse,d'une sobriété étouffante,cette ville manque de joie,de couleur,d'originalité,de vivacité,cette ville nouvellement cosmopolite a perdu son identité,on dirait une de ces femmes de rue trop fardées, fanées, vieillies par les lumières des néons,qui déploie tellement de zèle pour séduire,mais qui n’attire plus personnes,des coques vides. Scott n'aime pas Casablanca. Les livres ne mentent pas, il le savait et donc il était tout naturel pour lui de quitter la blanche pour les villes impériales. Ce qu'il cherchait,c'était dans Fez qu'il le trouva,Scott aimait sentir ce poids de l'histoire,du passé,de l'intrigue, le sentir dans l’eau des fontaines qu’il boit, dans l'air qu'il respire, les étroites ruelles où il se promène,les murs où il s'adosse,sur ces silhouettes diaphanes qu’il croise. Il se baladait des journées entières dans l'ancienne ville, son appareil photo autour du cou, et photographiait des gravures, des arabesques , des portes, des enfants, des artisans auxquels il s'était facilement lié d'amitié. Ce qu'il admirait par dessus tout, dans Fez, c'était les mules, cette belle cohabitation entre l'homme et la mule. Je me rappelle encore de ses phrases si sérieuses, si élogieuses, à propos de cet animal.
Il élut domicile dans la Médina, et commença à redonner des cours d'anglais. Durant cette période, il s'enticha à travers la poésie du Soufisme, il lisait les poèmes de Yunus Emre, appréciait la dimension qu'il donnait à l'homme, à dieu, et les faisait lire à ses élèves. En voici un qu'il affectionnait particulièrement:


Si tu as brisé une fois un cœur
Ta prière ne sera pas une prière
Même soixante-dix-huit nations
Ne pourront nettoyer tes mains et ton visage
Si tu as réconcilié un cœur
Si tu as aidé quelqu’un

Si tu as une fois fait la charité à quelqu’un
Ce sera un sur mille, ce n’est pas peu
Yunus prononce ces paroles
Comme s’il mélangeait le miel au beurre
Il vend sa marchandise Son poids est la substance, pas le sel.


J'étais un de ses élèves.

mercredi, février 15, 2006

Scott (1)


Scott,de son vrai nom David Davidov,26 ans,fils de roman et Léa Davidov,juifs,russes, immigrés aux Etats- unis en 1948.Roman est un spéculateur connu à Wallstreet ,sa spécialité:le diamant ,sud-africain;angolais. David est son fils unique, il a reçu la meilleure éducation que puisse avoir un jeune américain de son âge, dans les meilleurs établissements scolaires, Léa y veillait méticuleusement. Tout le destinait à être un enfant prodige, un avocat, comme espérait son père, ou un architecte comme voulait sa mère.
David était new-yorkais dans l'âme, à 20 ans, il décida, dans une grande révélation, de devenir citoyen du monde, se saisit de son paletot, direction, l'Irlande. David avait tellement lu et relu "autant en emporte le vent", était si fervent admirateur de Clarck Gable dans son rôle de "Rhett Butler", connaissait si bien Atlanta, qu'il voulait découvrir la magie des Highlands, palper de près la fougue de ce sang irlandais,et pourquoi pas,rencontrer sa Scarlett,aux yeux vert-jade, à la crinière rousse flamboyante, David était un romantique.
Ce qui était sensé être une simple escapade de 15 jours, dura 7 mois,David sillonna, l'Irlande avec de nouveaux amis,David était en train de se découvrir, Scott était en train de naître, Scott,enterra David .Scott fit de la Bohême, sa devise,sa philosophie, il se convertit au protestantisme, comment, il n'accepta jamais de le dire,hasard,hasard,répétait il sans cesse. Mais Scott ne croyait pas au hasard, ni a la coïncidence, tout pour lui est volonté et désir d'être. Il était anarchiste, depuis toujours, il refusait les fatalités, le destin, les "c'est écrit","c’est comme ça", il refusait qu'on choisisse à sa place, qu'on impose ces choix, même pour son prénom, même pour sa foie.
Scott lisait beaucoup, avait l'esprit rêveur, le goût de l'aventure, était à la recherche de sensations nouvelles, c'est pourquoi il s'envola pour un Safari au Kenya, il en gardait de formidable souvenirs et se hâtait de brandir ses photos en compagnie des rhinocéros et des Massaï, ou de commenter en une spectaculaire gestuelle la traque des lions, à chaque fois que l'occasion s'en présentait, c'est à dire à chaque fois que je le rencontrais.
Il séjourna 4 mois au kenya, ses parents s'inquiétaient, Léa le sommait de rentrer, ses missives soufflaient une colère torrentielle,"enfin, David, nous n'accepterons jamais cette crise d'adolescence","Harvard veulent une confirmation", en vain.
Léa n'a rien compris, pour Scott, le monde était plus gigantesque qu'Harvard, plus vaste que New- York, le monde était d'une étrangeté intéressante , et lui Scott y succombait,se régalait de la fantaisie des hommes .
Il quitta le Kenya pour l'Egypte, oui, Scott était aussi un mordu des pharaons, du mythe. Déjà, à 10 ans il commença à déchiffrer ses premiers hyièroglyphes, à jeter ses premiers sorts par la force d’ Anubis, le dieu chacal, il avait dans sa chambre une jolie miniature des pyramides de Giseh qui ornait son bureau, il était fasciné par Chéops tout particulièrement. L'argent commença à lui faire défaut, ses parents utilisaient ce moyen en guise de pression,et Scott quitta son hôtel cinq étoiles ,pour une mansarde de la médina,en compagnie de deux amis anglais dont il ne parlait jamais.
Scott n'aimait pas parler des autres, il se plaisait uniquement à parler de lui,à l'infini, il se portait une telle adoration,à la limite de l'idolâtrie,une grande curiosité,aimait surprendre,choquer,s'amusait du jugement que pouvait porter les autres sur lui,affirmait que tous ce qu'il faisait est par essence grandiose,fabuleux,en avait l'intime conviction. Quand, je tentais d'interrompre ses long récit par une question "innocente "sur ses compagnons, il esquivait la manoeuvre par un souriant"boy, honnêtement je ne sais pas,je n'ai jamais fais attention"alors qu'il était le plus fin observateur que j'ai connu jusqu'ici! Inutile d'ajouter que ses fréquentations féminines demeuraient, pour moi, du domaine de l'énigme et du mystère.
Donc, Scott se retrouva dans l'obligation de chercher du travail, il trouvait l'idée ridicule, lui qui avait planifié depuis ses dix ans une vie tranquille à dilapider la fortune paternelle, il s'y résigna, et considéra la chose comme une expérience qui enrichira certainement sa légendaire existence, il commença à donner des cours d'anglais à la petite bourgeoisie du Caire.Il était enchanté par cette vie au Caire, cet esprit oriental, il se plaisait dans cette indifférence, cette jovialité des gens autours d'un narguileh, enfin ce laisser-aller si caractéristique. Ici, on se préoccupait peu du temps, pour le plus grand plaisirs de Scott. Scott était dans son élément. Bien évidemment il visitât le pays, le sud, Aswan, le Karnak, la vallée des rois,la mer rouge, Alexandrie,mais il préférait nettement la capitale.
Il apprit l'Arabe, le dialecte égyptien plus précisemment. A Léa,il envoya une photo qui atténua sa colère,une insolite vue de toilettes turque,elle concéda que oui,ce trou était amusant!
Mais au Caire, et dans les ruelles de l'ancienne ville, Scott s'encombra d'un vice,la collection. Il dépensait tout son argent dans l'achat de statuettes, d'insignifiants colifichets, et c'est grâce au propriétaire d'une de ces échoppes poussiéreuses et pittoresques qu'on nomme bazar qu'il eût ses entrées à Alazhar, où il fût très bien accueilli. Il appris à écrire l'arabe, s'intéressa même à la calligraphie, et pire commença à lire dans cette langue, de la poésie. Scott était devenu très populaire,on arrivait même à oublier que cela fait uniquement 3 ans qu'il est là,Scott était un exemple réussi d'intégration;et bien sur,quand vous êtes aimé des égyptiens,comme l'était Scott,vous êtes obligatoirement un grand supporter de leur équipe nationale de foot- ball,dont vous ne rater aucun « spectacle ». C'est en regardant un match de foot-ball, avec des amis, au café, qu'il entendit pour la première fois parler du Maroc et des marocains, et qu'il mastiquât ces délicieux calembours mielleux que les égyptiens savent si bien fignoler sur ce peuple. Scott, se documenta, bêcha dans les livres, et prit une capitale décision. Scott s'embarque pour le Maroc.

dimanche, février 05, 2006

le café des délires


Le monde de l'oubli,et l'oubli du monde .
Un beau lieu de perdition.
Le temple de la paresse, de la lassitude .
Le gite du voyeurisme,de la médisance .
Le refuge des désoeuvrés,des écoeurés,des dévergondés,des libertins,des grands sages , des têtes pleines,et même vides ; des anarchistes , des conformistes , des penseurs , des beaux parleurs , des grands prêcheurs,des saltimbanques,de ceux qui se nourrisent du regard des autres,des buveurs de paroles , de toute cette racaille qui peuple joyeusement notre jungle .
Une loge au théâtre des hommes ,
Mais , avant tout , là où je te vois, là où tu me vois peut-être.
Voilà ce que représente pour moi ce café.

Je vais te parler de cette table,que tu connais si bien,elle est juste en face de toi, c'est de là qu'on t'observe le mieux, elle est ronde , travaillée en fer forgé ciselé de motifs fleuraux ,au mileu trône un cendrier blanc carré,en porcelaine,les chaises sont en rotin .
une de ces chaises est toujours placée au même endroit,au carrefour de quatre tables,et jouxtant l'entrée du café. J'aime m 'assoir sur cette chaise,ainsi,je ne perds aucune des trois discussions.
Je capte chaque mot,chaque soupir vient à mes oreilles sans le moindre effort.
Ma table à moi est silencieuse, je veille toujours à être seul , pour mieux savourer cet instant d'oisivité.
la première fois que je suis venu dans ce café,je tenais dans ma main un journal,tu sais un de ces papiers qui se targuent de te parler du monde et de ce qui s'y passe , bon , je m'assoie convenablement,je croise les jambes et je l'ouvre.
Regard rapide sur les titres,les mêmes sujets,la Palestine,l'Irak,un mot sur la Tchétchénie,l'Iran,...,des déclarations fracassantes de simples mortels , et puis un digne représentant de cet éspèce qu'on appelle journalistes qui veux t'analyser le tout,t'expliquer les différentes stratégies, les enjeux, les dessous de tables,bref un tissu d'horreur et d' atrocités à te glacer le sang. Je survole la page économique,comme d'habitude,des actions qui montent,d'autres qui chutent, des courbes,des diagrammes à n'en plus finir, des bénéfices,des pertes,je saute vers la rubrique des faits-divers,des viols,des meurtres,des vols,le tout noyé dans des plages de publicité, "achetez,achetez, et ne faites que ça,achetez...".
Au coin de la dernière page ,un poème, orphelin ,qui parle d'amour.
Mais ce qui me passionne le plus c'est la rubrique nécrologique que je lis attentivement,je compare les différentes formules pour annoncer le décès,les photos, parfois je tombe sur des avis de naissance, glissés,mystérieuresement là.
Finalement , il n'y a que cette rubrique qui change d'un numéro à l'autre,de nouveau noms,de nouvelles photos, d'autres expressions de tristesse,de regret ou de compassion,et la jungle qui s'en moque de ceux qui disparaissent ou de ceux qui viennent,qui continue à grouiller tranquillement.
Je ferme énergiquement ces feuilles , et je t'aperçois.
Sublîme, tu étais , tu sais,sublîme tu es toujours, et sublîme tu resteras.
Comment peut-on être cruellement beau comme tu l'es, magnifiquement parfait,et ne pas s'en cacher,mais au contraire,l'exiber dans une royale indifférence,l'étaler avec cette grâce insouciante au regard des autres,comme seule toi sait le faire.
Comment peut- on garder cette fière impassibilité , ignorer ce qui nous entoure,qu'il s'agisse de bien ou de mal , le défier avec ce regard placide,comme toi tu fais .
Comment peut-on se placer hors du temps,en balayer les marques, échapper aux rides , en rire , par cette glaciale indifférence, comme toi tu fais,
Comment peut-on crier d'une manière aussi insolente,et sans bruit _ "je suis là bande de sauvages" _ par sa simple présence, comme toi tu fais!
Bénis sois - tu,
toi qui fais face à l'ennui par l'ennui même,par la volupté d'être.
Je suis illuminé,dorénavant moi aussi,je m'engage dans ce type d'existence, de résistance,dans cet égocentrisme épicurien ,je bannirai toute forme de reflexion,car rien ne pourrit l'atmosphère comme la reflexion, je renierai tout sentiment, je ne vivrai que pour moi,et que le monde autours s'écroule si il veut!
j'ai admiré tes courbes, tes combrures, la netteté de ton corps ,j'ai sculpté dans ma mémoire chaque détail de ta volupté, l'ovale de ton visage, et ces boucles qui l'encadrent en désordre,et pour la première fois ce dégout,m'a quitté,j'ai même étais surpris de mon état,du fait que je sois encore capable de sensibilité à ta beauté,de m'en émouvoir malgré la lecture de ce journal.
je suis revenu le lendemain pour te voir,puis le surlendemain,puis chaque jour...
je reste là à te contempler,et nous dialoguons à travers notre silencce.
Ce qui m'attire le plus en toi,c'est ton silence,rien ne m'est plus insuportable,rien ne m'es plus odieux qu'une femme qui parle.
je n'aime pas les femmes qui pensent,celles qui ont une opinion,un avis,les femme intelligentes. Elles sont laides et ennuyeuses.Et en général,une femme qui commence à parler,ne sais jamais se taire.
Un certain poète du nom de Beaudelaire a dit un jour:
"Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste."
idée à laquelle j'adhère complètement!
des fois assi sur cette terrasse , je me demande si c'est moi qui observe le monde,ou si c'est le m0nde qui m'observe,si c'est moi qui me joue de lui,ou si c'est lui qui s'amuse de moi,et que ne fûs ma gêne quand un de ces jours,dans les trois tables on parlait de moi,et de ...toi...les gens trouvais bizzare mon attitude,j'étais le sujet d'ignobles plaisanteries,on y voyais des obséssions cachées,des frustrations... une autre preuve inconditionnelle de la bêtise humaine, à laquelle toi seule a su encore échapper!
te regarder est un plaisir , te regarder est mon ultime plaisir ,pour moi,tu es la perfection incarnée.
Alors,si on juge qu'aimer une statue est anormal, et si le juge est à son insu le père de l'absurde et de la folie; je veux bien être anormal, je revendique ce privilège,et je m'en réjouis.

jeudi, janvier 26, 2006

Double...JE


Girl in front of Mirror (1932), Pablo Picasso




c'est fini


Je pénètre dans cette pièce,doucement ,j'en connais le moindre recoin,tous les reliefs,chaque parcelle de ce terrain accidenté,je ne devine pas,je m'avance guidée par mes pas,je contourne le canapé ou se prélassent des pantalons,des chemisettes, je caresse le dossier de la chaise,la table,j'allume d'un geste nonchalant la radio,et tout en marchant,je m'amuse du crissement des feuilles de papier que je piétine,des notes,beaucoup de notes,sur des cartons jaunes,verts,bleus et je butte enfin contre le lit,l'obscurité me rassure,m'apaise,je ne veux pas t'allumer lumière,je ne veux rien voir,ni ces vetements qui me collent toujours,ni ces meubles qui me connaissent trop,qui captent mes gestes,ma chaleur,mon souffle,mes mots ,ni ce plafond témoin de mes émois,de mes veillées,de mes sursauts,et surtout je ne veux pas me voir,je suis fatiguée de moi,j'ai besoin de l'oublier un peu,d'en prendre congé.

Je reste plantée là,emportée par une voie suave,celle de Nina Simone,et cette lourde pesanteur qui règne dans la chambre, je me dévide l'esprit en m'éforçant de penser à ne pas penser,puis vacille et me jette sur le lit,vaste,mou, je reste figée ,un moment...impossible,il y a toujours une de ces idées qui fait irruption,qui fuse je ne sais d'ou,qui veut s'imposer pour me rappeler à....moi...;tiens,je vais lire,ou est-il?Mes doigts flanent sur la commode,et j'empoigne ce roman de Fédor Dostoivski,le livre de toutes les incertitudes,"les frères Karamazov",il faut que je me lève pour tirer un peu les rideaux,les rayons du soleil m'attirent ,je me hasarde dans le balcon,il fait beau-chante Césaria,enchante moi-devant moi se dresse une célèbre tour qui acceuille sur son toit un nid de cigognes,la majesté de l'oiseau,si je n'était pas femme...j'aurais aimé etre cigogne,et errer,errer...du blanc au noir,au dessus de l'océan,survoler les continents,...si je n'étais pas femme...

De mon balcon,je contemple le spectacle des amours de la terre et du ciel,ce drame qui se joue chaque jour sous mes yeux avides,curieux,de l'etreinte du ciel à l'horizon,de la terre qui le supplie,et qui tend vers lui ses palmiers ,ses oliviers,le sommet de ses monts enneigés,qui lui fait miroiter moult délices,sans parvenir à le retenir,à l'atteindre,le ciel est ma^le,le ciel est toute la splendeur du ma^le assoiffé de liberté,d'iddylles passagères,il séchappe,la terre tente,s'accroche,s'obstine,se réinvente au fil des saisons,pour mieux séduire,mais en vain.
oh la terre,à ta peine je compatis,et de ta misère,je m'afflige.
Et soudain,me prend l'irrésistible envie de plonger dans la boite à merveille,sans hésitation,je saute.




Mais ou` est-tu?
Tu te retrouves dans un long corridor,avec des portes arquées,des dessins hideux au murs,tu les reconnais,ç'est toi qui les a fait,ce que tu dessinais mal,des guirlandes en papier-crépon,des photos,une faible lumière,c'est la gallerie de tes souvenirs.
Tu ouvres la première porte: tu vois une petite fille aux cheveux noirs frisés,aves une vieille femme,dans un jardin,une belle après midi de printemps,tu écoute le chant des grillons,elles sont assises aux pied d'un murier,avec autours des cyprès,des orangers,des abricotiers fleuris,des amandiers,la vielle femme sirote un verre de thé à la menthe,tes narines se delectent de son effluve,et dans ta bouche,te reviens ce fameux gout,que tu n'as plus retrouvé,et tu murmure: le thé de "lalla",la petite,elle,peint vraissemblablement une carapace,tu t'approches encore ,oui,oui,c'est bien une carapace:
-"Dis lalla,la tortue,c'est une femme ou un homme"
-"La tortue,c'est une tortue, à benti,un point c'est tout"
-"Alors,la tortue,c'est pas comme la poule,et le coq"
-"baraka men lbsala,et laisse moi boire mon thé tranquille,sinon,je le dis à ton père"
-"mais lalla..."
-"chouf,la peinture est en train de sécher,et ta tortue se fatigue,tiens mets un peu de jaune ici"
tu recules,un sourire au lèvre,tu t'éloignes,ne les dérongeons pas dans cette paisible retraite,te dis- tu et tu resors par la porte.

Une fois dans le couloir,tu ouvres la seconde porte,et tu vois une fille,de 14 ans,au cheveux noirs frisés,sur un vélo,et dans sa main ,une belle gerbe de geranium,elle est accampagnée d'une autre gamine,elles rient,mais que se racontent-elles,elles se taisent dès qu'elles t'apperçoivent ,puisque tu les gènes,tu prefères te retirer,ce n'est pas interessant.
Tu es devant la troisième porte,avant de l'ouvrir,tu entends de la musique,tu ouvres ,et tu observes quatre mains qui se baladent sur un piano,qui discuttent,se découvrent, se cherchent,se mèlent,se démèlent,s'enchevètrent,se séparent,dans une course infernale,des doigts qui s'écrasent, parfois avec une telle fureur,pour enfanter cette exquise symphonie,tu reconnais un bracelet,et tu voie la meme fille,l'air grave,de temps en temps,elle le regarde, lui,de temps en temps leurs regards se croisent,avec un sourir complice,tes pieds claquent sur le sol,tu as un désir fou de te jetter toi aussi sur ce piano.
Tu fermes soigneusement la porte et tu t'en vas.
La quatrième porte,celle-là ne veut pas s'ouvrir,tu tournes et retounes le poignet,elle ne cède pas,ton coeur se serre,un sentiment bizarre t'envahit,une certaine angoisse,tu glisse ta main dans ta poche et tu en retires une clé,la porte s'ouvre enfin,à tes yeux s'offre un spectacle désolant,une tombe,un lit d'hopital,les lamentations d'une femme,des objets,des visages,des scènes en vrac,comme dans un bazar,les fragments,ou les éclats d'une vie,tu es dans un tel désaroi,...Quoi,tu n'a donc pas oublié!...Tu t'enfuis,et tu cours dans le corridor, sans issue,sans fin,éssouflée,tu t'arrètes en halètant,et tu cries:"la porte,je n'ai pas fermé la porte",tu y retournes et tu la fermes, à double tour ,avant que ne s'en échappent un de ces mystérieux fantomes maudits, tu te débarasses de la clé,tu ne veux absolument pas te rappeler de son existence; et tu t'engouffres à nouveau dans le corridor.




Des doigts s'aventurent dans ma chevelure et en parcourent tous les dédales,toutes les rues,se promènent,labourent,ratissent,veulent saisir l'insaisissable:
"tu t'es deja endormi,que tu es belle quand tu dors"
"que tu es beau,quand tu me regardes,t'ai je dis que je raffole du chocolat amère"
"non,jamais,je l'ai compris tout seul,mais...ou` as tu donc mis la clé?"
"la clé!...de quelle clé tu parles...!"