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lundi, janvier 14, 2008

Une Morjana dans la mer (2)


-Oiseaux blancs- Iris Raquin

le vent des alizées soufflait sur son visage et faisait virevoleter ses long cheveux noirs,les rumeurs marines emplissaient ses poumons ,imprégnaient tout son être d’un profond bien-être,d’une sensation inouie de liberté, elle ferma ses yeux ,et se concentra sur les murmures des vagues,elle avait l’impression d’écouter une symphonie magique dont elle était la seule à percer le secret,entre elle et les vagues s’établissait une douce connivence,ensemble en jouaient la partition,puis elles ouvrit lassivement ses paupières,son regard se posa sur une grosse sardine suspendue à un hameçon,ses yeux remontèrent tout au long de la canne à pêche jusqu’à une main rugueuse,velue,dont l’annulaire était ornée d’un anneau en or serti d’un faux rubis.
- Belle prise n’est ce pas.
- oui,belle sardine c’est vrai.
- l’autre jour, j’ai même eu un espadon.
- ah bon!
- le truc c’est d’être patient, et de bien observer les vâgues vous savez.
- la pêche,c’est pas trop mon bol.
- pourtant vous devriez essayer,c’est très simple,il faut juste du flair et du temps,je peux vous apprendre,et puis ici, il y a du très bon poisson,c’est pas comme l’autre coté de la ville,ici l’eau est plus chaude.
- …
- je m’appelle Said,et vous
- mouja
- mouja,c’est votre vrai nom
- …
- j’ai l’impression de vous avoir déjà vu,je crois même que je vous connais très bien
- …
- Vous travaillez dans l’agence F*...,c’est même vous qui vzêtes soccupé de mon voyage à la mecque.
- Alors vous êtes l’haj said.
- si on veut,mais j’aime pas trop les titres.
- et ça s’est bien passé.
- parfait,lhamdoullah,parfait,je vais même faire une Omra le ramadan prochain si dieu le veut bien.
- alors je m’occuperai personnellemnt de votre dossier,encore une fois.Sinon,vous faites quoi dans la vie Said.
- rien,je vis.
- …
- la vie c’est fait pour en profiter,sans trop se poser de questions.
- c’est bien,alors vous êtes pêcheur par moment,et le reste du temps vous êtes vivant.
- (éclat de rire),le reste je pêche aussi,je suis « samsar »,voici ma carte visite,terrains,appartements,villas,exploitations agricoles,voitures,associés,buisness international,buisness national,GSM,femme de ménage,adoptiont ,agence matrimoniale,recherche d’emploi…je fais tout,en bas vous trouvrez l’adresse de mon site web.
- waw,impressionnant
- je vous en donne une vingtaine même,on sait jamais,au cas ou vous en perdez une,ou si vous avez quelqu’un en difficulté,pensez à moi,pour le prix,ne vous en faites pas,je fais des facilités de payement,ce qui m’importe c’est le bonheur des gens,j’ai un cœur gros comme la mer moi,je ne demande qu’à aider…alors souvenez vous de moi,je me souviendrez de vous.
Et Said ramassa son sac et s’en alla tranquillement avec sa belle sardine,Morjana souriait en essayant d’imaginer quelle vague pourrait bien être ce Said,une vague bouffon ou une vague Joker, une mouette trois mètre plus loin fixait elle aussi curieusement les vagues des yeux.
- salamou 3alikoum ( que la paix soit sur toi), tu as du feu ma sœur ?
- pardon
- du feu pour allumer ma cigarette
- Non
- Dommage,pourtant j’ai lu dans la revue « la marocaine » de cette semaine que selon une étude très très très sérieuse, 60% des marocaines fument maintenant.
- c’est pas mon cas
- En tant qu’intellectuel j’essaie toujours d’être au courant,et de suivre les nouveautés
- c’est très bien,mais cette revue ,des fois,elle raconte n’importe quoi,je préfère le Journal télévisé de vingt heure sur la chaine nationale.
- tu es institutrice.
- non.
- mon frère a une institutrice qui te ressemble,alors tu fais quoi dans la vie.
- je travaille dans une agence de voyage.
- moi je suis acteur.
- c’est génial!
- c’est pour ça que je suis ici,j’habite en fait à Ouarzazate,tu sais,c’est le temple de l’industrie du cinéma chez nous.
- oui je suis au courant.
- un copain m’a dit que des américains vont tourner une nouvelle version d’othello ici, alors je passe le casting demain.
- waw,bonne chance…mais tu as joué dans quels films avant.
- pleins, pleins,pleins,toutes des superproductions
- bizarre,je suis une véritable cinéphile,pourtant ton visage ne me dit rien du tout.
-c’est normal,je suis figurant,j’ai toujours voulu obtenir un rôle,mais je n’y suis jamais arrivé,je fais toujours parti du décor ,il y a les palmiers,les châteaux,les guerriers et moi, ce n’est pas très luisant je sais,mais tu sais mon rêve c’est de glisser un mot un jour,de faire un geste,de participer à l’action,d’influer,de gérer,tu comprends ce que je veux dire,…mais je n’y arrive pas,mon rêve c’est que tout le monde s’arrête un instant pour que je m’exprime enfin.
-il faut juste y croire, et persevérer, un jour tu glisseras sur ta vague mon frère.
Morjana souriait en tentant d’imaginer une vague figurante.La mouette après quelques envoles rapides au dessus de l’eau,quelques coup de bec au sein des vagues,regagnait à nouveau sa place,près des protagonistes. Une silhouette se dessinait au loin,puis s’approchait de plus en plus des deux promeneurs,il s’agissait d’un jeune homme , svelte,de grande taille,habillé d’un « seroual » en toile verte et d’un leger tee-shirt marron ,ses cheveux noirs coiffés à la mode rasta.
-hola Farid,salam ma soeur.
-salam mon frère,tu as du feu Hatim.
-oui,biensur.
-c’est un de tes amis figurants.
Hatim éclate de rire
-non,du tout,du tout,Hatim le troubadour ,pour vous servir gente damoiselle.
Morjana était abasourdie,ce hatim devait être bien particulier,bien distingué, à en juger par sa manière de s’exprimer.
-Hatim est gnaoui,il joue à merveille le « sentir »,c’est le petit-fils d’un m3allam très connu qui lui a légué l’art et l’âme de cet instrument séculaire.
-Nous nous sommes rencontrés,Moi et Farid,sur les bancs de la faculté de droit,je voulais être juge,lui, y était sur ordre de ses parents,j’ai eu une maitrise en droit,lui n’a jamais dépassé le cap de la première année,c’est un artiste ce monsieur,la toge ne lui convient pas vraiment,je suis solitaire,j’adore la vie à la bohême,sa mère lui a déjà choisi 4 épouses à la suite,mais aucune n’a accepté de l’accampagner dans son errance.
-moi je travaille dans une agence de voyage.
-actuellement,je fais une petite entracte ,depuis 4 ans,je suis un gnaoui , je gratte mon « sentir » de festival en festival,je trimbale mon sac de ville en ville,la foule m’amuse, le haschich m’énivre,et elle est belle la vie , ou biiiiiiiiiiiiiiiiikheir a Sahbi!
Hatim éclate une nouvelle fois de rire
-tu es une vague acrobate,s'exclama Morjana.
Hatim semblait perdu dans le vague,comme si il essayait de percer le mystère de cette question.
-je suis une vague magicienne,je crée ma réalité,celle qui me plait,je vois ce que j’aime voir uniquement,le reste ne m’interesse pas,et toi quelle genre de vagues es-tu ?
-Je ne sais pas ,et pour être honnête,je viens à l’instant de découvrir qu’une vague résonne en moi.
Et le rire sonore,saccadé d’Hatim partit de nouveau,comme un cliqueti de pièces de monnaies.
-Alors viens avec nous sous le chapiteau, peut-être y retrouveras-tu ta vague
le petit groupe s’avança tranquillement,sous le brouhaha de l’océan. Depuis un mois,le cirque des lumières donnait des représentations dans la ville,il avait planté sa gigantesque tente sur la plage,et ses spectacles étaient très prisés,il alliait avec excellence entre le savoir-faire universel en cette matière,et la tradition locale,les numéros de charmeurs de serpents,de dompteurs de singes,de dresseurs d’aigles ,de compteurs d’histoires,succédait harmonieusement aux trapézistes,aux dompteurs de tigres,aux magiciens.
Hamid et Farid connaissaient plein de monde.Ils prirent place à la première rangée. Le spectacle débuta par les clowns,les artistes se suivaient,le public silencieux était cloué d’admiration.

Soudain Hamid souffla dans l’oreille de Morjana :voici la vague funambule.Il s’agissait de Brahim.Brahim est medecin de son état, un vrai « hakim »selon ses patients,issu d’une famille d’agriculteurs du moyen atlas,la terre a toujours été sa réelle mère nourricière,son point d’équilibre,il fit ses études en Russie dans les années soixante-dix,il apprit le russe,visita le pays de Lénine,Moscou,la place rouge,le café pouchkine,la volga,lu avec fébrilité Dostoievski,et tolstoi,se soûla à la Vodka sur des airs de Balalaika.Lui qui paraissaient à ses collègues autochtones tel un curieux animal échappé d’un zoo le premier jour de cours,devint plus russe que les russes.Il rentra après 8 ans au Maroc.Une fois sur le sol de sa terre natale qu’il chérissait tant,il fut convoqué par l’armée pour un service militaire.Dans le temps,il ne faisait pas très bon de venir de l’est,et dans l’armée,Brahim s’évertua à convaincre ses supérieurs de sa bonne fois de capitaliste ou plutôt de sa conviction anti-communiste,ce qui fut un peu difficile.Brahim se retrouva dans un camp à Smara,il apprit à manipuler les armes,il apprit la discipline,et un fait bien particulier allait lui apprendre la bravoure.Un matin à l’aube,Brahim se retrouva prisonnier du POLISARIO.Il aimait son pays,il se battit juqu’au bout.il passa 4 ans dans les camps de Lahmada,il fut maltraité,battu,humilié,il vécu l’enfer,mais il teint bon,et un jour il s’échappa de sa géole.C’est un héro que tu vois là,Morjana.Brahim fut accueuilli en guerrier émérite, en héro de la nation par ses compatriote.la vie normale reprit.Un quotidien de medecin et d’agriculteur aussi,prenant soin des hommes le matin et de ses oliviers l’après-midi.Il se maria et il eu une fille et un garçon ,cette dernière lui donna un petit fils il y a un an,le garçon quant à lui est devenu un jeune homme de 19 ans aujourd’hui, il joue dans une équipe de foot-ball en Australie.Brahim a 47 ans,depuis peu,il a découvert sa vocation de funambule,comme une révélation,un don inné.
Un jour,il monta puis marcha sur un fil.

Morjana était de plus en plus fascinée,de plus en plus charmée par ce qu’elle avait apprit cette journée,par ce qu’elle avait observé comme vagues,elle était heureuse,elle s’amusait tant,ses yeux se levèrent au ciel,et comme par enchantement, au sommet du chapiteau,sur une corde, elle vit la mouette.
Morjana fixa le mystérieux oiseau,la mouette comme si elle répondait à un divin appel, s’envola majestueusement et vint se poser délicatement sur l’épaule de la jeune fille.A cet instant précis,à cette minute précise Morjana secouée d’un intense frisson se sentit renaitre,à cette seconde précise elle était heureuse comme jamais, Morjana a enfin compris… « je suis une mouette,je suis une mouette,…..oui je suis une mouette…je ne suis pas une vague…je suis une mouette ,je ne me briserai jamais contre la falaise,je ne m’évanouirai pas, je planerai dessus,je l’apprivoiserai , je survolerai la mer,de rive en rive,et je marquerai le temps par mon envol,je serai libre...libre...libre, Albatros dans l’océan,je veillerai sur les vagues,j’apprendrai des vagues,je m’approcherai de celles qui me plaisent,je les guiderai, et je délaisserai celles qui me paraissent dangereuses,qui abimeraient mon plumage, j’observerai ces vagues,une à une,et un jour, peut-être j’en serai une…peut-être jamais.

Morjana se leva d’un bond,et pris congé de ses amis,demain,elle ira à l’agence et s’offrira pour la première fois de sa vie un voyage,pourquoi pas Venise,ou les Caraibes ,elle réflechira plus tard à comment payer les frais, elle quittera son travail,elle ne supporte plus ce bureau si étroit,si carré,ni ces dépliants si fades,elle fera autre chose,de la patisserie,du stylisme ou bien elle sera guide des montagnes avec son fiancé,un métier tellement romantique,elle offrira des fleures et du chocolat à sa belle mère,et une belle trousse de maquillage à sa sœur,elle donnera la carte visite de Said à sa voisine,il lui serait certainement d’une grande utilité pour trouver un mari, peut-être entamera-t-elle des études en droit,ou en psychologie,et si elle échoue,tant pis.Peut-être écrira-t-elle un livre sur les vagues.

FIN

samedi, janvier 12, 2008

Une Morjana dans la mer (1)



-"Vague à l'âme"- Sophie Kauffmann


Morjana marchait, marchait , marchait droit devant elle ,sans regarder ni à gauche ni à droite , juste droit devant elle.D'habitude lorsqu'elle est de mauvaise humeur comme aujourd'hui,lorsqu'elle ressent ce je ne sais quoi dans le coeur,pas de la tristesse, pas de l'ennui, ni de la colère,ce sentiment indéfinissable qui fait qu'elle n'est pas heureuse,elle n'arrête pas de tourner en rond, mais cette fois-ci,quelque chose de décisive a changé : Morjana a la jambe rebelle.

Comme la majorité des êtres humains,cette jeune demoiselle est gouvernée par sa tête,elle n'obéit qu'à sa tête,ne se fie qu'à sa tête,et ne se confie qu'à sa tête.Mais depuis quelques temps,celle-ci n'est plus d'aussi bon conseil.
Morjana est fréquemment rongée par ce mystérieux état d'âme qui rend sa tête impuissante.la tête ne cesse de s'affoler et de faire tournoyer tout le monde ;la jambe en premier.Epuisée,La jambe se révolte.Une guérilla paisible éclate dès lors,mais ne secoue que légèrement le reste du corps.Certains comme le coeur trouvent que la tête dérape souvent depuis un moment, qu'elle se fait vieille rêche et aigre,qu'elle doit céder son trône à la jeunesse.D'autre, plus loyaux vassales,se rangent à sa cause et clament que face à l'impétuosité de la jeunesse, la tête surpasse par la sagesse.L'envie de renouveau finit par l'emporter.Ce matin brumeux d'hiver ,Morjana marcha enfin tout droit.

Morjana dévale les ruelles rustiques de cette petite ville côtière du Haouz,puis l'unique grande avenue qui mène au luxueux restaurant italien où se retrouvent convivialement les dignitaires locaux de tout bord ,élus,juges,industriels... puis les sentiers de campagne où poussent ici et là les maisons champignons si caractéristiques de la région avec des chèvres autour et des enfants , puis les clairières des forêts d'eucalyptus, d'arganiers et de thuya , ses jambes bien décidées à la porter jusqu'au bout.

Elle a passé une bien rude semaine.Morjana travaille depuis 3 ans dans une agence de voyage très connue sur la place,elle vend à longueur de journée des rêves aux autres,des billets à destination de paradis sur terre,des promesses d'exotisme,d'aventure,de quiétude ,des envies de dépaysement sur des plages de sable blanc et fin,avec de l'eau bleu carmin ,dans des villes aux tours majestueuses haut dressées ,parfois penchées,des invitations à l'ouverture sur d'autres savoir-vivre , la découverte de nouvelles saveurs.Confortablement assise derrière son bureau,parée d'un magnifique tailleur blanc qui met en valeur l'éclat de sa peau basanée et dont la jupe laisse deviner le galbe parfait de ses jambes,elle use habilement de prospectus de papier glacé aux couleurs flamboyantes qu'elle vous fait feuilleter doucement au son d'une voix mielleuse et d'une logorrhée d'éloges répétitifs se déclenchant telle une machine bien huilée face à chaque client.Un joli sourire souligne en permanence ses lèvres charnues,et des yeux noirs ,des yeux vifs et malicieux,des yeux qui accrochent les vôtres clignent rapidement devant le moindre signe d'hésitation,afin de vaincre les derniers bastions de doutes,
Hors depuis deux mois,Morjana n'a rien vendu,rien de rien,pas même un petit week-end au Michlifen.Son patron est furieux alors que bon nombre de ses collègues,à l'image des vautours aux aguets, se montrent à première vue solidaires avec la future licenciée mais cachent mal leur soulagement de se débarrasser d'une si redoutabale concurrente.Son fiancé quant à lui peine à trouver un emploi,sa belle-mère la déteste parce qu'elle a la langue bien pendue,sa grande soeur parce qu'elle est plus belle,le coiffeur parce qu'elle ne paie plus ses services depuis qu'elle a drainé les trois quart de sa clientèle, et sa voisine parce qu'elle est l'ex fiancée de son fiancé,...
Morjana poursuivait son petit chemin de vie malgré tout,mais il y avait ce sentiment bizarre qui ne cessait de la tourmenter...

Elle est maintenant sur une falaise qui surplombe l'atlantique."Que c'est beau la mer".Perchée sur le rocher , elle se sent aux confins de l'univers,et regarde les vagues se fracasser au contact de la terre,les vagues si molles,fluides,si limpides, qui se jettent avidement sur le rocher dur et impassible,comme on étreint passionnément l'être aimé après une longue absence.Elle contemple les mouettes qui veillent sur elles, déployant timidement de petites ailes à la blancheur angélique, ses jambes émues se plient d'admiration et Morjana s'assied alors que les vagues entre temps continuent leur course effrénée vers le bout du monde.

Emerveillée par le mouvement pendulaire de l'eau,la jeune fille devint pensive tout à coup.une pensée germa dans son esprit:la mer est la fin de son univers,Si elle, Morjana plongeait à cet instant dans l'eau, si elle s'engouffrait dans les méandres de l'océan,elle se noierait surement,la mer n'est autre que la limite de ce qu'elle peut réaliser,l'envie de traverser la mer, de franchir cette limite est si grande,si intense mais inespérée,elle pourrait s'apparenter à son idéal,donc la mer symbolise la barrière entre le rêve inaccessible et la réalité.De la même manière, de l'autre coté, chaque vague s'écrasait avec fougue sur la roche,elle parcourait d'énormes distances pour s'échouer sur la rive,donc la falaise est bien la limite de ce que peut réaliser une vague et la frontière de son univers,la falaise peut aussi être son idéal,mais ce qui est certain c'est que atteidre la falaise est sa mission à accomplir.Chaque vague se résignait tragiquement,courageusement à affronter son sort et signait elle même sa disparition en acceptant son destin de vague,mais peut-elle finallement faire autrement ,comme chaque vague se consume nécessairement au bout d'un périple bien tracé,bien défini.Tout en continuant à observer ce fabuleux ballet marin,Morjana constata que les vagues ne se ressemblaient pas.Certaines vagues ne font que caresser avec douceur le bloc rocheux ,comme pour l'amadouer ou parfois par simple tendresse,d'autres essoufflée par leur long voyage s'y brisaient silencieusement.D'autres s'abattaient sur lui passionnément.D'autres encore avec une telle rage,un tel vacarme,comme si elles se révoltaient contre cette vérité millénaire, comme si elles voulaient le pousser plus loin,gagner encore quelques mètres de vie,alors que des vagues trop faibles s'évanouissaient loin dans l'horizon, avant d'atteindre le rêve tellement escompté.Morjana vit que les vagues,conscientes de leur destin commun de vagues, de ce qu'elles partagent comme quête solennelle ,ou voyage entre les deux balances de l'infini, évoluaient en communauté.Elle fut témoin de fusions brusques et inattendue entre vagues parallèles,elle vit des pacts se sceller tacitement comme par évidence,chacun traduisant selon son intensité ou sa pérennité une alliance passagère ,une amitié,ou un mariage.Elle assista à des divorces,à des ruptures,à des séparations inattendues.Elle vit tantôt des vagues malignes,traîtresses,des vagues sans pitié qui engloutissait les autres pour survivre,pour durer,tantôt des vagues féroces qui jaillissaient comme par miracle pour s'éclipser aussi miraculeusement l'instant d'après,les vagues mensonges,les vagues fantômes.Elle repéra les vagues monstres qui se muent en tendres, et elle remarqua que certaines vagues courtisanes caline d'abordn peuvent opérer le changement inverse.Elles vit des vagues maestro,des vagues reines qui, elles, lancent la tendance.Celles-ci sont particulièrement intéressantes à observer,une vague maestro est toujours suivie d'une salves d'autres identiques,elle s'impose...et les générations se succèdent interminablement,portant dans leur cycle montone ,l'essence même de la diversité...Morjana ne se lassait plus de scruter la mer...les vagues illustrent l'odyssée de la vie humaine...Morjana se sentait vague...Morjana cherchait sa vague...finira-t-elle par la trouver?

Morjana a le vague à l'âme.

samedi, novembre 03, 2007

Amy winehouse...renaissance funk ?

Amy Winehouse Back to Black



Un autre chanteur à l'honneur sur " Errance", j'écoute énormement de musique ces temps ci et mon agenda me permet rarement de lire plus de deux pages par jour dans les meilleurs des cas encore moins d'écrire,il s'agit cette fois-ci d'une très jolie demoiselle de 24 ans,qui frôle souvent l'enxcentricité,dont les déboires passionnels avec la drogue defrayent la chronique, Amy Winehouse m'a rappellé la première fois que je l'ai écouté la belle époque dinah washington,et sharon jones , bref une voix de black dans une peau de blanche , un timbre exceptionnel ,un peu à la Macy gray mais avec un petit quelque chose qui accroche plus,et des mélodies qui mélangent à merveille des sons funk, jazz et blues..."back to black", et "rehab" sont des chansons qui ne vous laisseront sûrement pas indifférent!





samedi, octobre 06, 2007

l' eclipse

Mathieu Chedid & Sean Lennon - L'Eclipse




Un chanteur qui charme non pas par sa voix mais par ses compsitions et son originalité, il s'agit de sean lennon,le digne héritier de john lennon,l'eclipse est une reprise en duo de "parachute",une invitation au rêve et à une espèce de romantisme ou surréalisme musical éléctronique,d'autres chansons comme "dead meat" ou " wait for me" sont aussi des perles que je vous propose de découvrir.









samedi, mars 24, 2007

medecine de l'âme...medecine du corps


Des fois en déambulant la nuit comme un fantôme,fatiguée,saturée,déprimée dans les couloirs de l'hopital,je me pose souvent la question suivante : qu'est ce qui fait que je supporte encore mon métier,qu'est ce qui fait que j'éprouve encore le même plaisir à feilleter un atlas d'anatomie ou de dermatologie,ce même plaisir que je ressentais il y a de celà six ans lorsque j'étais suspendue aux lèvres de Mr Gonzales,mon professeur d'embryologie qui nous exposait avec sa vision non moins philosophique l'origine,l'organique de la vie,la réponse est toute simple,c'est que dans la medecine , il y a beaucoup de poésie.

J'ai souvent été intriguée par le rapport étroit qui existe entre les deux,tout d'abord elles se rejoignent dans la finalité,à savoir le bien être ,le bonheur,le confort de l'homme,corps et ame ,mais cette relation s'exprime à mon avis à trois niveaux:

1)la medecine a toujours été une source d'inspiration inepuisable pour la poésie et la littérature ou le cinema, Alfred de Musset, a décrit de la plus belle des manière que l'on puisse faire c'est à dire en vers,un signe clinique en cardiologie rien qu'en observant les secousses et agitations de son frère atteint d'insuffisance aortique, ce signe porte depuis son nom, "signe de musset":

Pourquoi mon cœur bat-il si vite?
Qu'ai-je donc en moi qui s'agite
Dont je me sens épouvanté?
Ne frappe-t-on pas à ma porte?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M'éblouit-elle de clarté?
Dieu puissant!tout mon corps frissonne.
Qui vient? qui m'appelle? Personne.
Je suis seul; c'est l'heure qui sonne;
O solitude! ô pauvreté!


La nuit de Mai

2) les lettres ont à leur tour servi la medecine en enrichissant le vocabulaire et la sémiologie médicale,en humanisant le langage médical,surtout à une époque où la thechnicité lui fesait grand défaut et où un medecin qui excelle est avant tout quelqu'un qui observe,un artiste,la rendant ainsi à la fois plus ludique, agréable à assimiler ,et plus précise.
Les exemples ne manquent pas,il en existe des millions:
Le rossignol des tanneurs, typique des ouvriers dont les extrémités des doigts ulcérés par les produits chimiques, se présentait sous forme de lésions en forme d’oeil d’oiseau et produisait lors de la pression un cri de douleur expliquant son surnom,à ne pas confondre avec l’œil de perdrix, sorte de cor installé douloureusement entre deux orteils.Les références animalières sont d’ailleurs très nombreuses.Chez les sages-femmes, casser son œuf signifie faire une fausse-couche. Longtemps le col de l’utérus s’appela museau de tanche ,L’ éléphantiasis, très souvent localisé aux membres inférieurs, est une insuffisance veineuse provoquant leur démesure. La maladie du cri du chat diagnostiquée à la naissance par le cri du nourrisson est une anomalie du chromosome 5. La patte d’oie, point de jonction de trois muscles en haut de la cuisse est le siège de fréquentes tendinites. Plus connue, la queue de cheval est la fin du rachis. La toux en chant du coq signe la... coqueluche ! Dans le typhus, la langue est de perroquet et dans l’arthrose les vertèbres en bec de perroquet. La grenouillette, est une tumeur liquide sous la langue obstruant les voies salivaires et provoquant une déformation caractéristique de la voix.
Plus culturelles, les références à la littérature, aux traditions et à l’Histoire ont donné parfois de véritables syndromes. Le bovarisme signe le cas des jeunes femmes insatisfaites, qu’un mélange de vanité, d’imagination et d’ambition porte à des dispositions au dessus de leurs conditions, principalement dans le domaine sentimental. Plus souvent masculin, le syndrome de Peter Pan explique l’incapacité de certaines personnes à entrer dans l’âge adulte. L’éonisme est employé pour nommer les travestis. Le léprechaunisme, maladie héréditaire rare, transforme le visage à l’images des léprechaums, lutins du folklore irlandais. La prière mohammadienne signe une péricadite dont seule la position genoux au sol, face contre terre peut soulager. Chez les neurologues, le tic de salaam décrit une inclination rapide du tronc particulière à certaines épilepsies. Le syndrome d’Arlequin est un trouble circulatoire bénin du nourrisson dont on imagine aisément l’aspect. Le syndrome de Laetitia est un accouchement inopiné se produisant dans un lieu public, comme ce fut le cas pour la naissance de Napoléon. Le syndrome d’Alice au pays des merveilles s’observe dans certaines pathologies mentales où le sujet se perçoit comme un être minuscule ou gigantesque. Les obèses dont le ventre comprime le diaphragme produisant ainsi des troubles respiratoires amenuisant la qualité de leur sommeil nocturne et induisant une somnolence diurne développent le syndrome de Pickwick, du nom du personnage de Dickens. Toujours dans le registre des contes et légendes le fameux syndrome de Münchausen, en référence à l’officier allemand du XVIIIe siècle devenu personnage fantastique, est la pathomimie ou simulation de maladies conduisant l’intéressé sur les tables d’opération dont il revient porteur de valeureuses cicatrices. Moins drôle le syndrome de Münchausen par procuration met en jeu la vie d’enfants pour que leurs parents, le plus souvent les mères, apparaissent aux yeux des autres comme totalement dévoués au bien-être de leur progéniture.Dans un autre genre, le mithridatisme, en référence au roi Mithridate, consiste à s’immuniser contre un poison en l’absorbant régulièrement à petite dose. Le syndrome d’Ondine, nymphe se vengeant radicalement de son mari en lui supprimant son mécanisme respiratoire pendant qu’il dort, est heureusement beaucoup moins fréquent. Et, cerise sur le gâteau, la syphilis, tire son non de l’œuvre de Fracastoro Girolamo, médecin et poète véronais du XVIe siècle, où elle est admirablement décrite chez le berger Syphilus, frappé de ce mal incurable par Apollon !
la fantaisie va plus loin encore: La méningite a pour symptôme caractéristique les vomissements en fusée. Une malformation de le la valvule mitrale s’appelle la valvule en parachute.Le souffle amphorique s’entend au stéthoscope à l’auscultation des poumons, de même que les râles bulbeux semblables au glougloutement produit lorsqu’on souffle dans un verre d’eau avec une paille.La candidose buccale est plus connue sous le nom de muguet. La maladie des os de verre provoque de multiples fractures par décalcification. La paralysie des amoureux, heureusement momentanée, provient de la compression du nerf radial par la tête du partenaire.les tumeurs sont dites des patates ou des pêches.La selle turcique,siège de la glande l’hypophyse, renvoie à la selle des guerriers turcs.Le front olympien, anormalement étiré vers le haut, fait référence à la hauteur de l’Olympe mythologique.la tabatière anatomique est le petit creux situé au bord du poignet dans le prolongement du pouce,autrefois très utile aux priseurs de tabac.La scarlatine générait des éruptions en carte de géographie! Certaines lésions cérébrales très graves provoquent une contraction du corps en opisthotonos, avec les mains en position d’accélération sur une poignée de gaz, ce qui s’appelle alors faire de la mobylette.la goutte militaire est la blennorragie chronique appelée aussi plus joliment coup de pied de Vénus. Les bruits sont aussi particulièrement évocateurs : bruit de galop pour les insuffisances cardiaques, bruit de pistolet pour les insuffisances aortiques. Ressentie dans la pneumonie la douleur en coup de poignard ne laisse aucun doute sur son origine ,La douleur du membre fantôme ne lâche jamais les amputés.

3)et enfin,quand le medecin est bon poète, et quand un poète raisonne en medecin, c'est à dire avec une logique de medecin,avec de la distance critique de l'évènement jusqu'à frôler la froideur,le résultat,est des chefs d'oeuvres littéraires et philosophique comme c'est le cas pour Avicenne: extraits "des poèmes de la medecine" :

- Un homme qui promet…, fit-elle désabusée (Yasmina) Les promesses d'hommes sont pareilles aux vagues de la mer : elles meurent aussi vite qu'elles naissent. Page 185
- Ce qui est imparfait chez toi, Ibn Sina, c'est ta crainte de l'amour…
Il ne put s'empêcher de sourire.
- c'est bien. Alors dis-moi ce qu'est l'amour ?
- Le don de soi. Le sacrifice. Le pardon.
Sans se départir de son sourire, il contempla d'un air distrait les grains de sable qui filaient entre ses doigts.
- Pardonne-moi. Mais je crois que tu fais erreur. Ou alors tu dois vivre dans le monde des rêves. Je vais te dire ce qu'est l'amour.Il se tourna vers elle et elle crut sentir ses yeux qui plongeaient au-dedans de son âme.
- Lorsque nous disons que nous aimons, qu'est-ce que cela veut dire ? simplement que
nous possédons. Puisque dès l'instant que nous perdons la personne aimée nous nous
sentons perdus, vides de tout. En réalité, en disant que nous aimons, nous ne faisons
que légaliser un sentiment de possession.
- Même lorsque nous pardonnons à un être qui nous fait mal, qui nous trahtit
- Même là. Que faisons-nous ? On lui veut, on s'en souvient. Et finalement nous
sommes amenés à prononcer la phrase sacrée :" Je te pardonne " Qu'est-ce que cela
révèle ? Rien. Rien d'autre si ce n'est que nous demeurons toujours et encore le
personnage central, que c'est "moi" qui assume l'importance, puisque c'est encore "moi" qui pardonne…tu as peut-être raison Yasmina. Je crains l'amour. Il n'est fondé que sur l'attirance des corps, sur l'idée de possession, la jalousie, la méfiance et la peur. C'est terrible d'avoir peur. C'est comme mourir. Certes, nous croyons aimer. Mais en vérité, nous n'aimons que nous. Et comme je te le disais, je me trouve imparfait. Peut-on aimer ce qui est imparfait ?
Yasmina leva les bras au ciel dans un geste fataliste.
- Cheikh el-raïs, ta rhétorique me dépasse. Je ne suis qu'une simple mortelle. Je te parle de cœur,Tu me parles d'algèbre et de choses qui me dépassent…soit, puisque tel est ton désir, tu partiras Sans moi vers la province du Sud. Page 216

Une belle reflexion sur l'amour et la vie.(quoique un peu pessimiste)

La medecine,c'est beau, on ne le dira jamais assez!

samedi, mars 10, 2007

une nouvelle brise souffle par ici




L'on dit souvent qu'une absence, une retraite est une occasion pour mieux renaître, ou marquer une presence,"errance" reprend, avec un nouvel esprit, un nouveau concept,mais surtout un nouveau souffle.

Et vous,chers acteurs et actrices de la blogoma y êtes pour beaucoup.

Ces quelques mois "d'exil" volontaire, loin de toute vie active et sociale réelle ou virtuelle m'ont permis de me ressourcer,retrouver l'inspiration à partir d'une nouvelle vision de la vie ,de moi-même, de prendre un nouveau départ.

A un certain moment, l'écriture ne m'interéssait plus vraiment, ou venait en second plan dans mes préoccupations , non par choix, mais par obligation et concours de circonstances.
Il faut dire que je n'ai pas supporté être loin des livres et des mots,que je ressentais chaque jour une très grande frustration , j'ai envie de m'exprimer à nouveau , les quelques instants que je consacrais à surfer de blog en blog m'ont fait constater combien la blogoma a évolué , la blogoma est une inestimable mine d'artistes et d'intellectuels et j'ai à nouveau envie de participer à cette dynamique conviviale, de tendre mes voiles moi aussi sur l'océan , j'ai vraiment été ébloui par la richesse de certains blogs et donc je ne veux plus qu' "errance" se limite à mes modestes productions littéraires , je veux qu'il devienne ma tribune,et ma fenêtre sur vous!

j'ai essayé de relooker ce blog ( le résultat n'est pas fameux fameux,je sais , :)) ) , j'ai pensé aussi à le rebaptiser ; mais finalement je trouve que l'errance reste toujours mon état d'esprit, certe il ne s'agit plus d'une fatalité , ou d'une quête de soi ou recherche d'alternatives , il est question d'une philosophie que j'ai adoptée ; j'ai appris à considérer l'aspect positif de l'errance des pensées et des reflexions , celle qui permet d'aller vers l'autre , de voguer , de chercher d'autres horizons ,se réinventer , d'apprendre ,vivre , vivre, vivre, cent vies dans la vie...rien que par la puissance de l'esprit.
J'ai mûri !!!!????

Je remercie ceux et celles qui ont continué à me lire, à venir chercher de mes nouvelles,mes campères de la blagoma qui se reconnaitront , je remercie énormément les nouveaux venus qui ont fait escale ici , je remercie ceux qui ont glissé un mot par ci par là sur mes anciens posts , je remercie ceux et celles qui m'ont écrit,et particulièrement celle qui m'a "sommer" de revenir , c'était pour moi un véritable plaisir , une chance de vous connaitre et de discuter avec vous.

L'aventure continue.

vendredi, octobre 20, 2006

errance musique (2)


Dans ce post , je voudrais célébrer un musicien,Paco de Lucia, le maître incontestable de la musique flamenca , ce monsieur me fait rêver depuis si longtemps, ses compositions ont toujours bercées ma vie,le son de sa guitare a fait partie de mon enfance.
Quand j'écoute Paco de Lucia aujourd'hui, je voie Mathilda , ma " Tilda" , à coté de Lahcen dans ce vieux pick up Mitsubishi , "Tilda" fofolle et si rigide à la foie, qui m'obligeait à m'asseoir à la banquette arrière , et s'emparait d'un air directeur du radio cassette,"Tilda" qui mettait Paco malgré les protestations chaleureuse de notre chauffeur ,ardent admirateur de fatna bent lhoucin et raissa taba3mrant,le vieux Lahcen qui m'a transmis ce goût musical ,à travers les années,les voyages, et les kilomètres de route, "Tilda" qui demandait à Lahcen de rouler plus vite,encore plus vite, qui montait le son plus fort,très fort, et me faisait sortir la tête par la fenêtre,

"attrape le vent, attrape le vent", ne le laisse pas partir, il file entre tes cheveux,il file entre tes doigts ,attrape le vent"

"Tilda" qui jeunait le Ramadan par solidarité,"tilda" qui adorait se teindre les cheveux au henné ,"tilda" qui collectionnait les lapins en peluche,"tilda" qui classait à merveille les dossiers ,"tilda" qui portait souvent un pull over en laine rouge,"tilda" qui ne vivait que pour ses plaisirs... tante "tilda" qui m'a fait découvrir Paco de Lucia!
Quand j'écoute sa musique, je voie Imane avec sa robe de gitane que toute les filles enviait, y compris moi même, Imane qui m'avait promis de me la prêter un jour, sa robe petit-pois rouge, cerf-volant, au miles volants, pour que je puisse m'envoler haut, très haut, Imane est parti, et moi j'ai grandi, la robe s'ennuie seule, mais Paco de Lucia est là...
Quand j'écoute sa musique je me vois au nord, avec le bleu à l'infini, et ce chocolat de contrebande qui me donnait des irruptions, je vois cette queue interminable devant le vendeur de "churro", et le sable, et le sable, et l'or sous mes pieds! Je vois Chaouen, j'aime cette ville, innocente, hésitante, perchée entre ciel et terre, j’aime ses cafés.
Quand j'écoute sa musique je rêve de Cordoue, de Séville, de l'Alhambra, de l'Alcazar, de ces fabuleux jardins, de ces pans de notre histoire, je rêve du jour où je les foulerai de mes pas, et là je pourrai peut être apprivoiser le vent de "tilda".
Quand j'écoute sa musique, je ferme les yeux et des fois je pense à mes déceptions, la guitare me console, les vibrations des cordes caressent mes tympans, et les castagnettes dansent dans ma tête pour me redonner envie de les ouvrir, de respirer et de continuer.
Souvent quand j'écoute Paco de Lucia, je rêve des petits bonheurs de la vie, je rêve d'enfants, de famille, de tendresse, de parents, d’amies et mon coeur mariné au sirop d'amour est si lourd, si lourd à porter.
Quand j'écoute la musique de Paco de Lucia, je me sens légère et j'ai envie de vie.













vendredi, octobre 06, 2006

voilée



-Voilée- Carmen Manno




Un jour, un de ces jours sans matin ni nuit,
Où les rêves prennent soudain forme, prennent vie
Où remuent, se réveillent les folles envies,
Et à jamais s’endort, se meurt l’infatigable ennui

Sous les jougs pesants de l’aube naissant
Succédant aux hospices du défunt crépuscule
Dans un désert infini au vide saisissant,
Que le ciel enveloppe de fastueux tentacules

Roumi le beau, Roumi l’esthète,
Roumi l’aventurier,
l'inventeur savant

Roumi lancelot, Roumi le brave,
Roumi le chevalier
Le sauveur conquérant

Explora les bouts de ces contrées perdues,
Encore à sa mémorable mémoire inconnues
Sillonnant, dévalant, sans halte, sans nul repos
Grattant le sable, traître toile, de ses pinceaux

Mais en lointains souvenirs se muent les traces
D’un geste violent, une tempête, le vent efface
En cœur, des entrailles du désert faisant surface
Les scorpions chantaient riant, raillant l’impasse

Ses animaux, chameaux, chevaux d’acier et de fer,
Avaient troublé la paisible quiétude de ces lieux .
Et de ce même insolite élan, les rumeurs passagères
Ont alerté voilée, la déesse régnant sous ces cieux

Elle apparut, sublime, majesté sans digne émule
Noyée, engloutie dans son océan de voiles,
Dont les vagues, sur son gracieux corps, ondulent
Naufragée, le pas agile, confetti d’étoiles

L’œil miel, saphir, caramel,
Planté sur les rives de sa peau couleur de dunes
Hâle safran, senteur cannelle,
Brillant des milles feux que les mortels adulent

Voilée s’approchât de roumi au teint livide,
Croulant sous le charme de la belle numide
Soudain il succomba, et rendit ses armes
Dans un coffret, toutes les clés de son âme

Voilée, errer dans ton royaume est fantastique aventure
Même magique, si angoissante est la mystique nature
Vis, fleuris, éclate ces chaînes millénaires
Renaît des décombres de tissus séculaires

Souveraine de mes désirs, digne héritière maure des reines,
De Nubie et d’Egypte, je suis ton esseulé, enlève moi
Que ce silence soit déchiré des résonances de nos émois
Mon convoi, mes vivres, belle, mêmes mes peines,
Ensevelis les tous sous le sable brûlant de tes plaines

Intrépide aventurier, ici mon hôte, noble Roumi
Dont j’ai longtemps ouie dire de l’immense génie
Le silence pour ton serpent age est mon unique prix
Ta sagesse n’en deviendra que des plus accomplie

Sache qu’au bon sens du temps, nul lien ne survit
Que les chaînes vétustes sont les sentiers de l’infini
Sous le sable tu trouveras enterré le secret d’une trinité
Ce secret est le chemin de liberté, plénitude, éternité

Si tu cherches sous l’épaisseur des plis, ou des voiles,
La silhouette, le ravissement, les courbes d’une femme
Tu ne trouveras derrière ces vapeurs ni femelle ni male
Mais un esprit philosophe, florilège de pensées banales

La toile fait éclore, jaillir l’essence de l’être,
Donne une voix puissante, transcende le paraître
Elle enchante et séduit, au subtile elle suggère
Éveille les sens, bannit l’ennui surtout l’éphémère

Au centre du monde, ton œil est ton cœur,
Ta vérité est ton salut, et lui l’éclaireur
Dans le désert, les sans –cœur sont aveugles impurs
Le voyant, l’âme sage, s’extasie de la verdure

Ouvre toi à la communion de l’esprit,
A sa pureté, à son langage
Engouffre toi dans les ruelles de l’éternel,
Loin des plaisirs volages
Suis- moi, dans ta quête je serai douce compagne,
Je descellerai une à une, les portes de ton âme

lundi, août 28, 2006

à Green



-le talisman bleu- Ahmed Cherkaoui


ton poème est magnifique,et il serait indigne et ingrat de ma part de le laisser errer au sein des commentaires,j'ai choisi de partager,à mon tour, le plaisir de le lire,et le relire , merci pour tes mots,et merci pour le partage,je me suis permis de l'accampagner d'une illustration,un tableau qui m'intrigue,j'éspère que tu apprécieras si tu es à nouveau de passage en ces lieux


Le Bonimenteur


De mon âme candide, un frisson idiot.
Se plait, avide parleur d’être stupide.
Poète à ses heures le cœur ballot,
De ne s’étancher qu’en la cristalline peau,
Des lèvres limpides de la belle numide.

De mes abysses ivres déferlent des mots.
En quête unique de feuilles écrites,
De lettres mortes charriées aux gré des eaux.
D’océan de flots où dérive mon radeau,
Vers ma sirène et ma baie interdite.

A sillonner tour à tour de l’îlot
Jamais je n’y jetterai mon ancre
Pour gravir ses falaises en assaut
Affreux destin de matelot,
Sans vaillance et sans exploit pour les chantres

Aucune vague à surmonter
Aucun écueil où s’abîmer
Héros perdu dans sa brume
A chercher son étoile
Il n’y a que le vent qui le hume
Sans phare, dissipé dans les voiles

Et cela les eaux l’avaient su
Dans l’orage le ressac n’a de cesse de conter
Sur les plages et par devant les rivages
Dans son chant morose et monotone
La destinée des fous étourdis, éperdus

Green