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jeudi, septembre 01, 2005

les pèlerins de l'amour




les pélerins de l'amour



Il y a quelques année de cela,un jeune journaliste américain passionné de culture orientale,décida d'entreprendre un long voyage dans le desert aride du sud marocain afin de s'éxercer aux dureté de la vie et de déceler les secrets et la magie de cette contrée.
Un jour ,il échoua sur une oasis près de Ouarzazate appelée Tinghir,image du paradis au coeur du sahara;la nature y grouillait de vie primitive et sauvage qui nageait dans un calme serain ou chaque etre pouvait écouter son ame et pénetrer sa propre intimité.
Cependant à sa grande surprise,il découvrit à coté du lac une foule de jeunes gens,jeunes femmes et jeunes hommes drapés de blanc,créant une clarté au milieu de l'obscurité de la nuit.Ils allumaient des cierges autour d'une tombe ,ensuite ils s'asseyaient en cercle se tenant par la main et se perdant en prières ou en lamentations.Parfois ils pleuraient ,leurs sanglots témoignaient d'une profonde tristesse.Loin d'eux,un vieillard au visage tané,labouré par les rides,voilé de sagesse,était assis sur un rocher;tout en fixant la mystérieuse tombe,il effilait sa longue barbe blanche qui tombait sur son habit bleu.C'etait le doyen du douar.Eric le visiteur sous l'emprise de la curiosité ,se dirigea vers lui et lui dit en dialecte egyptien:
"salamalek vénérable homme,peux-tu m'apprendre la raison de cette céremonie?"
Celui-ci ne detournant meme pas ses yeux pour le regarder lui répondit d'un ton posé:
"il était une fois dans ce pays-ci une tribue florissante qui connut une véritable histoire d'amour.Kacem,un jeune berger,beau et vigoureux,connu dans toute la tribue par son honnéteté , sa bravoure et son intrépidité,réussit par son regard noir,son sourir ensorcelant à séduire Abla,une des rares perles du sahara.Toutes les filles enviaient ses grand yeux noisette,ses lèvres juteuses et charnues,ses cheveux noirs de jais couvrant ses épaules qu'elle embellissait parfois par du henné,sa peau pèche couleur des dunes au coucher du soleil et enfin ses petits pieds nus qui caressaient élegamment le sable du désert.
Abla et Kacem avaient défié les traditions et les coutumes de leur communauté,ils avaient enfreint l'interdit qui pesait sur ce genre de relation.La femme ,à cette époque n'avait pas le droit de sortir seule,ni meme de voir son futur mari avant la cérémonie nuptiale.
L'amour,bien qu'il existat dans le coeur de la jeune fille,qu'il consumait par son feu ardent,était timide devant l'autorité parentale.Ils prenaient de gros risques et se rencontraient souvent loin des yeux indiscrets,à l'ombre d'un palmier,au bord du petit lac ou aux confins de l'oasis.En dégustant les dattes fraiches et succulentes,ils révaient du jour ou les liens sacrés du mariages les uniraient pour qu'ils vivent heureux au milieu de leur progéniture.
Un jour pendant que Abla apportait de l'eau de "l'aouina",en compagnie des autres filles du village,le fils du Caid passa sur son cheval.Hélas,il succomba à son charme,s'éprit d'elle et la demanda en mariage.
toute la tribue était en féte sauf Abla.elle était exaspérée par les youyous des femmes,elle était pensive et triste..Quelques larmes étaient visibles au coin de ses yeux.Elle n'arretait de penser à Kacem,l'homme qu'elle aimait à la folie,elle maudissait sa beauté,la tribue,la terre entière.la malheureuse pleurait toutes les nuits en suppliant son père de decliner l'offre.En vain,la tentation était grande et les enjeux énormes,et puis que peut -on devant un caid? une pareille offense serait un affront impardonable que toute la tribue paira.
Kacem de son coté se morfondait devant son impuissance,la vie n'avait plus aucun sens.Après de longue nuits de reflexions,il échafauda un plan pour sauver sa bien aimée;il contacta othman,le berger du Caid,un ami à lui et lui fit part de son profond chagrin.Othman attendri finit par trouver un moyen pour mettre en pratique le plan de Kacem.
Le jour fatal ou le mariage allait etre consommé arriva.La nuit avant que le fils du Caid ne quitte ses invités,Kacem,aidé par Othman,réussit à s'intoduire dans le palais,et suivant les indications de son ami,qui en connaissait tous les recoins ,il trouva enfin Abla s'apprètant à ingurgiter une fiole de poison.elle lacha celle-ci et courut se réfugier dans les bras de Kacem,là elle était bien en sécurité.Aprés les baisers et les longues étreintes,ils sortirent discrètement par les boudoirs et rejoignirent les étables.Ils détachèrent un chameau,l'enfourchèrent et se dirigèrent vers le mur de la délivrance.Kacem piqua le chameau et lui ordonna de sauter le mur de l'enceinte du palais,malheureusement,il ne réussit point le saut périlleux.Les cris de la béte ecroulé" sur son flanc alertèrent les gardiens et les convives.Toute la tribue était là.petits et grands accoururent pour voir le spectacle scandaleux.Quelle honte pour la tribue de Abla:la mariée aux bras de son amants!!!
Le cachot fut pénible pour Abla et Kacem.dès l'aube ,le conseil extraordinaire des sages rassembla les grands du village pour décider du chatiment à réserver aux deux "coupables".
La sentence fut cruelle.le verdict fut prononcé par le caid lui-meme: jet de pierre jusqu'à ce que mort s'en suive,une lapidation.les deux amantsfurent livrer en pature à la foule,subirent sa haine et ses sarcasmes pendant des heures,les corps furent inhumés dans cette tombe que tu vois là devant toi,près de ce meme lac qui fut autrefois témoin de leur idylle.ironie du sort:meme la mort ne réussit guère à les séparer ,la terre qui leur donna refuge dans ses entrailles les pleura,le lendemain de leur mort,par miracle un rosier poussa au-dessus de leur tombe et deux semaines après,deux belles roses d'un rouge pourpre s'épanouirent et s'entrelacèrent en versant deux larmes de rosée.Ce qui est encore plus étonnant,c'est que chaque matin ,à l'aube, un oiseau vert chante leur histoirs tragique ;et des fois au début du printemps on entend les rires de Abla ici pendant toute la matinée.et c'est ainsi que jusqu'à nos jours ,tous les jeunes couples dont l'amour est contrarié viennent ici ,à la veille de chaque vendredi accomplir cette cérémonie, afin que leur liaison aboutissent à un mariage heureux".
Eric sentit des larmes chaudes et salées couler sur ses joues et ses lèvres et soudain,ses pieds le portèrent vers le tombeau ou il se joignit aux autres pélerins.

8 commentaires:

Selwa a dit…

Une janati en plus...Là c'est clair..Obligé qu'on fasse conaissance!

Houdac a dit…

Touchant ce récit...ça me rappelle un peu Kane ya makane...serait-ce la version Janati de l'histoire? ;)
En tout cas, tu as un immense talent, je te souhaite une bonne continuation dans ton errance poétique.

Guerbouz a dit…

Sauf que là c'est le chameau qui a te3etter... ;)

Sympa l'histoire.

selma a dit…

@ Selwa:nos prenoms se ressemblent,alors si nos arbres génealogiques respectifs en une racine en commun en plus,je suis aussi intéressée que toi pour faire connaissance,merci de me lire
@hache:j'ai vraiment rougi de plaisirs en lisant ton mot,merci du fond du coeur,oui effectivement c'est ma version du kanyamakane, qui n'est en fait qu'une reprise du mythe d'isli,qui fait parti de notre patrimoine populaire,ceci-dit,tu as lu ma version de ta lamia(1)?je trouve que toi aussi tu as un beau potentiel artistique,ce qui m'a plus dans ton hammam,c'est l'innovation:lhadatha wa lmou3asara,tu sais bien le faire;bonne continuation
@guerbouz:figure toi que quand je tapais le texte j'ai beaucoup hésité entre le chameau et le cheval,le cheval est plus souple et plus convenable pour un saut,mettre un chameau est une atteinte à l'intelligence de Kacem,mais j'ai fini par opter pour le chameau,pour disons mettre une touche locale,et puis je pense que le chameau mérite aussi sa part de gloire dans la littérature,il est très sympa,si nous n'en parlons pas nous qui le connaissons si bien,qui le fera,je raconte n'importe quoi,tous ca pour dire que dans la vie on est souvent devant des choix difficile,et qu'il est parfois dure de prendre la bonne décision,
à bientot

Mouna a dit…

Salam !
Merci pour ta visite et pour m'avoir partagé ton point de vue !!
J'aime beaucoup ton blog ...couleurs ...tableaux ...je sens que t'est bien enracinée dans ta culture ..et surtout que t'en est fière ! ...mes respects !!
ton récit est émouvant et captivant ! et je t'en félicite ma chère ...BONNE CONTINUATION !
Amicalement !

Bsima a dit…

Très beau texte, belle plume...
ça m'a fait plaisir de lire ton post.
Des histoires comme ça de nos jours y'en bcp... l'amour triomphe rarement.
Bonne continuation.

Fadi a dit…

C'est un veritable et big plaisir pour moi de decouvrir cette fraicheur et ce talent a travers tes ecrits.Desormais,je vais essayer d'etre toujours la pour en deguster le musc.
Medecine et litterature,voila un chemin bien epanouissant.A l'image de Manal,continue a briller.
Vous etes des stars!Bravo!
Fadi.

Anonyme a dit…

Je suis tombée par hasard sur votre blog. J'aime la limpidité de vos écrits. C'est un ravissement pour l'esprit et le corps. Une telle clairvoyance alliée à une liberté littéraire me réjouit.

Juste une qestion s'il vous plait : "les pélerins de l'amour" sont-ils inspirés de la fameuse chanson "kanyamakane" de Doukali. Je vous remercie à l'avance pour votre réponse.