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vendredi, octobre 06, 2006

voilée



-Voilée- Carmen Manno




Un jour, un de ces jours sans matin ni nuit,
Où les rêves prennent soudain forme, prennent vie
Où remuent, se réveillent les folles envies,
Et à jamais s’endort, se meurt l’infatigable ennui

Sous les jougs pesants de l’aube naissant
Succédant aux hospices du défunt crépuscule
Dans un désert infini au vide saisissant,
Que le ciel enveloppe de fastueux tentacules

Roumi le beau, Roumi l’esthète,
Roumi l’aventurier,
l'inventeur savant

Roumi lancelot, Roumi le brave,
Roumi le chevalier
Le sauveur conquérant

Explora les bouts de ces contrées perdues,
Encore à sa mémorable mémoire inconnues
Sillonnant, dévalant, sans halte, sans nul repos
Grattant le sable, traître toile, de ses pinceaux

Mais en lointains souvenirs se muent les traces
D’un geste violent, une tempête, le vent efface
En cœur, des entrailles du désert faisant surface
Les scorpions chantaient riant, raillant l’impasse

Ses animaux, chameaux, chevaux d’acier et de fer,
Avaient troublé la paisible quiétude de ces lieux .
Et de ce même insolite élan, les rumeurs passagères
Ont alerté voilée, la déesse régnant sous ces cieux

Elle apparut, sublime, majesté sans digne émule
Noyée, engloutie dans son océan de voiles,
Dont les vagues, sur son gracieux corps, ondulent
Naufragée, le pas agile, confetti d’étoiles

L’œil miel, saphir, caramel,
Planté sur les rives de sa peau couleur de dunes
Hâle safran, senteur cannelle,
Brillant des milles feux que les mortels adulent

Voilée s’approchât de roumi au teint livide,
Croulant sous le charme de la belle numide
Soudain il succomba, et rendit ses armes
Dans un coffret, toutes les clés de son âme

Voilée, errer dans ton royaume est fantastique aventure
Même magique, si angoissante est la mystique nature
Vis, fleuris, éclate ces chaînes millénaires
Renaît des décombres de tissus séculaires

Souveraine de mes désirs, digne héritière maure des reines,
De Nubie et d’Egypte, je suis ton esseulé, enlève moi
Que ce silence soit déchiré des résonances de nos émois
Mon convoi, mes vivres, belle, mêmes mes peines,
Ensevelis les tous sous le sable brûlant de tes plaines

Intrépide aventurier, ici mon hôte, noble Roumi
Dont j’ai longtemps ouie dire de l’immense génie
Le silence pour ton serpent age est mon unique prix
Ta sagesse n’en deviendra que des plus accomplie

Sache qu’au bon sens du temps, nul lien ne survit
Que les chaînes vétustes sont les sentiers de l’infini
Sous le sable tu trouveras enterré le secret d’une trinité
Ce secret est le chemin de liberté, plénitude, éternité

Si tu cherches sous l’épaisseur des plis, ou des voiles,
La silhouette, le ravissement, les courbes d’une femme
Tu ne trouveras derrière ces vapeurs ni femelle ni male
Mais un esprit philosophe, florilège de pensées banales

La toile fait éclore, jaillir l’essence de l’être,
Donne une voix puissante, transcende le paraître
Elle enchante et séduit, au subtile elle suggère
Éveille les sens, bannit l’ennui surtout l’éphémère

Au centre du monde, ton œil est ton cœur,
Ta vérité est ton salut, et lui l’éclaireur
Dans le désert, les sans –cœur sont aveugles impurs
Le voyant, l’âme sage, s’extasie de la verdure

Ouvre toi à la communion de l’esprit,
A sa pureté, à son langage
Engouffre toi dans les ruelles de l’éternel,
Loin des plaisirs volages
Suis- moi, dans ta quête je serai douce compagne,
Je descellerai une à une, les portes de ton âme

9 commentaires:

mouna a dit…

ohhhh
je ne trouve pas de mots !
mes larmes te remercient ...
c'est un plaisir que de venir ici ;))

Bluesman a dit…

سلام
عندما اقرا كلماتك افهم لمادا تاخدين كل وقتك في الكتابة
شكرا كذاك على الموسيقى

Oussama [et Hamida] a dit…

j'ai senti tous les mots, texte penetrant.
merci ..fine ghabra !
J espère te voir lors du Blogo-Ftour ce Samedi à Casa.
A+ Slima

مريم الجميلة a dit…

ça fait plaisir de deguster des mots comme ces mots...c plein de miel

kb a dit…

Le cœur passé au crible, drapée de rêves, chaque soir mon âme m’emporte au firmament du souvenir. La mer d’encre fendue d’un rayon de lune abreuve les poètes à l’aune d’une aube qui soupire.
Paisible est le vent qui poussa ma voile vers ce doux rivage où les mots reprennent souffle.
J’y viendrai souvent y jeter l’encre

kb...à l'aune des mots

selma a dit…

>mouna: et c'est un plaisir aussi de t'y trouver!
>Bluesman:merci pour ces gentils mots
>oussama : hey ouss et hamida elle ne dit rien, ça la laisse de marbre...suis déçue
:(
P.S:je suis fière de toi

selma a dit…

> Amine: ravie que ça te plaise...j'aime te lire aussi

> Kb: je relis et relis vos paroles...je suis intimidée et sous le charme...vous jonglez littéralement avec les mots...très honorée par votre passage!

samab a dit…

comme d habitude un tour quotidien a l'oasis selma pour se rafraichir les idée et goûter de la bonne poésie cette fois

Nacer a dit…

Je me suis surpris entrain de rêver guidé par l'émerveillment et réspirant le parfum de ta passion poétique.sublime!!